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Nouvelles économiques

Canada : le surplus commercial s’est accru en août alors que les nouveaux droits de douane américains sont entrés en vigueur vers la fin du mois

6 octobre 2026
Nom du rédacteur
Kari Norman
Économiste senior

Faits saillants

  • Le surplus du commerce international de marchandises du Canada s’est accru pour atteindre 4,2 G$ en août 2026, comparativement à 0,8 G$ en juillet (graphique 1). Ce résultat dépasse largement le consensus des prévisionnistes, qui anticipaient un surplus de 1,5 G$. Voir le tableau pour plus de détails.
  • Les exportations de marchandises ont augmenté de 2,5 % par rapport au mois précédent, tandis que les volumes ont progressé de 1,0 %. Les importations ont reculé de 2,0 %, alors que les volumes ont diminué de 1,7 %.
  • Le surplus commercial du Canada avec les États-Unis est passé de 6,1 G$ à 11,2 G$ en août (graphique 2), soit la plus importante hausse mensuelle jamais enregistrée. Pendant ce temps, le déficit commercial avec les pays autres que les États-Unis s’est creusé, passant de 5,3 G$ à 7,0 G$.
  • Le surplus du commerce des services s’est établi à 0,4 G$ en août. Les exportations de services ont augmenté de 0,7 % par rapport au mois précédent, tandis que les importations de services ont diminué de 0,4 % au cours du mois.

Commentaires

Le surplus commercial enregistré en août a largement dépassé les attentes des prévisionnistes, marquant un sixième excédent mensuel consécutif. La vigueur du dollar canadien a toutefois atténué l’ampleur apparente de l’amélioration des échanges commerciaux en août. Le huard s’est apprécié de 1,1 cent US par rapport à juillet, soit sa plus forte progression mensuelle depuis décembre 2025. Exprimées en dollars américains, les exportations ont augmenté de 4,0 % d’un mois à l’autre, tandis que les importations ont reculé de 0,6 %.

Huit des onze catégories d’exportations ont affiché des gains en août. Les exportations de produits énergétiques ont progressé de 4,7 % par rapport au mois précédent, enregistrant ainsi leur première hausse depuis avril. Les exportations de biens de consommation ont augmenté de 6,6 %, notamment en raison des expéditions de pièces d’or et d’argent vers les États-Unis. Les nouveaux droits de douane Lien externe au site. annoncés en juillet et entrés en vigueur vers la fin d’août pourraient avoir incité les exportateurs à devancer certaines expéditions dans plusieurs catégories de produits, alors que les exportations vers les États-Unis ont bondi de 8,1 %.

Les importations ont diminué pour la première fois depuis janvier, 5 des 11 catégories de produits ayant enregistré des baisses. Des reculs ont été observés dans les importations de véhicules automobiles et de pièces (-8,8 %), ainsi que dans celles de minerais métalliques et de minéraux non métalliques (-15,5 %) et des produits dérivés de ces ressources (-7,0 %). Ces diminutions ont été partiellement contrebalancées par une hausse des importations de produits énergétiques (6,7 %) et de machines, de matériel et de pièces industriels (3,5 %).

Les relations commerciales du Canada continuent d’évoluer. Le mouvement de diversification a perdu un peu d’élan en août, mais demeure bien présent. Les exportations vers les pays autres que les États-Unis ont diminué de 8,5 % après la forte progression observée en juillet, tandis que leur part dans les exportations canadiennes est passée de 33,9 % à 30,2 % (graphique 3). Malgré ce recul, cette proportion demeure nettement supérieure à celle d’environ 25 % observée au cours des années ayant précédé la pandémie, ce qui laisse croire que les relations commerciales du Canada continuent de s’élargir au-delà du marché américain. De plus, lorsque les effets complets des nouveaux droits de douane Lien externe au site. commenceront à se refléter dans les statistiques commerciales au cours des prochains mois, il est tout à fait possible que la part des exportations destinées aux États-Unis recule de nouveau.


Implications

Nous prévoyons une croissance annualisée du PIB réel d’environ 2,0 % au troisième trimestre de 2026, soit un rythme supérieur aux prévisions publiées par la Banque du Canada (BdC) dans son Rapport sur la politique monétaire de juillet 2026. Cela dit, l’incertitude entourant la politique commerciale américaine demeure un frein à la croissance. À l’inverse, le maintien de prix élevés de l’énergie dans un contexte de conflit persistant au Moyen-Orient, combiné aux droits de douane de représailles, accentue les pressions inflationnistes. Cette situation pourrait nous amener à devancer nos prévisions concernant la prochaine hausse du taux directeur de la BdC, que nous situons actuellement au premier trimestre de 2027.


NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.