- Randall Bartlett, économiste en chef adjoint • LJ Valencia, économiste
Canada : un autre excédent commercial en juillet, mais les vents tournent
Faits saillants
- L’excédent du commerce international de marchandises du Canada s’est rétréci pour s’établir à 0,8 G$ en juillet 2026, comparativement à 4,2 G$ en juin, selon des données révisées à la hausse (graphique 1). Voir le tableau pour plus de détails.
- Les exportations de biens ont reculé de 2,3 % par rapport au mois précédent, tandis que les volumes ont diminué de 2,2 %. Les importations ont augmenté de 2,2 %, soutenues par une hausse des volumes de 2,7 %.
- L’excédent commercial du Canada avec les États-Unis est passé de 10,3 G$ à 5,9 G$ en juillet (graphique 2). Parallèlement, le déficit commercial avec les pays autres que les États-Unis s’est réduit, passant de 6,1 G$ à 5,1 G$.
- La balance commerciale des services est redevenue positive en juillet, affichant un excédent de 0,3 G$ après trois mois consécutifs de déficit. Les exportations de services ont progressé de 1,2 % par rapport au mois précédent, tandis que les importations de services ont diminué de 1,1 %.
Commentaires
Les données de juillet marquent un cinquième excédent commercial consécutif. Toutefois, à 0,8 G$, celui-ci s’est révélé nettement inférieur aux attentes des prévisionnistes du secteur privé (3,2 G$).
Juillet correspond au premier recul des exportations en 6 mois, 7 des 11 grandes catégories de produits ayant enregistré une baisse. Les produits en métal et les produits minéraux non métalliques ont été les principaux responsables du repli (-8,5 % par rapport au mois précédent), principalement en raison d’une diminution des exportations d’or, d’argent et de platine (-13,1 %), dans un contexte d’affaiblissement de la demande étrangère pour l’or détenu au Canada. Les exportations d’énergie ont reculé de 4,4 %, sous l’effet notamment des exportations de pétrole brut (-5,6 %), tant les prix que les volumes ayant diminué. Le recul des exportations totales a toutefois été partiellement compensé par une hausse de 34,9 % des exportations d’aéronefs et d’autres matériels de transport.
Du côté des importations, 6 des 11 catégories de produits ont affiché des gains. Les importations de véhicules automobiles et de pièces ont augmenté de 11,4 % par rapport au mois précédent pour atteindre un sommet historique en juillet, soutenues par des arrêts saisonniers moins importants dans les usines automobiles nord-américaines. Il s’agissait d’une cinquième hausse mensuelle au cours des sept premiers mois de 2026. Les importations de produits en métal et de produits minéraux non métalliques ont progressé de 9,3 %, notamment en raison d’une augmentation des importations d’anodes de cuivre en provenance du Chili et d’achats accrus d’or au Canada par des résidents américains.
Malgré la diminution de l’activité commerciale avec les États-Unis, les échanges avec les autres pays continuent de suivre une tendance à la hausse (graphique 3). En conséquence, les pays autres que les États-Unis représentaient près de 34 % des exportations canadiennes en juillet 2026, soit la part la plus élevée jamais enregistrée en dehors de la période pandémique depuis 1997.
Implications
Même si un nouvel excédent commercial constitue une bonne nouvelle pour l’économie canadienne, il convient de ne pas lui accorder une importance excessive. Les fluctuations des exportations d’or, de pétrole et d’autres produits de base continuent d’exercer une influence dominante sur l’évolution mensuelle des exportations. Parallèlement, l’incertitude entourant les tarifs douaniers continue de fausser les décisions d’importation et de gestion des stocks, particulièrement dans les échanges avec les États-Unis. Bien que l’annonce du 20 juillet Lien externe au site. concernant l’imposition prochaine de tarifs américains de 50 % sur 5 % des importations en provenance du Canada ait pu avoir une certaine incidence, les effets les plus marqués devraient plutôt se faire sentir dans les données d’août, en amont de leur entrée en vigueur le 22 août Lien externe au site.. Comme les contre-tarifs canadiens doivent entrer en vigueur le 8 septembre, les données commerciales risquent d’apporter peu d’éclairage supplémentaire au cours des prochains mois. Comme l’a souligné la Banque du Canada hier Lien externe au site., l’escalade des tensions commerciales accroît les risques inflationnistes et renforce l’incertitude entourant les perspectives économiques générales.
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