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Activités internationales

Couverture du risque de change : définition et stratégies

25 juin 2026

Vous achetez, vendez ou investissez en devises étrangères? Lorsque vous faites des transactions en dollars américains, en euros ou en toute autre devise étrangère, vous vous exposez au risque de change. L’objectif de cet article est de vous aider à comprendre ce risque, à mesurer ses répercussions potentielles et, surtout, à vous en protéger de manière concrète, en fonction de votre situation et de vos besoins.

Comprendre le risque de change

Comme une entreprise dépend à la fois de matières premières (fournisseurs) et de ses ventes (clients), les transactions et la facturation sont monnaie courante. Et puisque les fournisseurs et les clients ne facturent ou ne paient pas forcément en dollars canadiens, il est important de connaître les risques associés aux fluctuations des devises étrangères.

Définition du risque de change

Le risque de change, c’est la possibilité que la valeur d’une devise étrangère fluctue entre le moment où une transaction est conclue et le moment où la somme est reçue ou déboursée. Si une entreprise achète, vend ou investit en dollars américains, en euros ou dans toute autre devise, elle est sensible aux fluctuations des taux de change, ce qui peut jouer sur la rentabilité d’une transaction, voire causer une perte imprévue.

Des exemples pour y voir plus clair

Importation

Vous achetez pour 100 000 $ US de fournitures à une entreprise étrangère. En vous basant sur le taux du moment de 1,3200, vous prévoyez débourser 132 000 $ CA pour le paiement prévu dans 60 jours. Or, au moment de faire le paiement, le taux de change au comptant (spot) se situe plutôt à 1,3800. Vous devez donc payer 138 000 $ CA, soit 6000 $ CA de plus que prévu pour cette même commande.

Exportation

Vous vendez pour 80 000 € d’équipement spécialisé à un client français. Au moment de conclure la transaction, le taux de change est de 1,4500, ce qui vous laisse croire que vous recevrez 116 000 $ CA après la conversion des euros. Cependant, au moment de recevoir le paiement, le taux de change a diminué à 1,3900, ce qui fait que vous recevez plutôt 111 200 $ CA, soit 4 800 $ CA de moins que prévu.

Une devise, quatre scénarios

En fonction de la valeur de la devise étrangère, les variations du taux de change peuvent avoir une incidence positive ou négative sur le coût réel de vos transactions, après la conversion en dollars canadiens.

Situations favorables

Importation + baisse de la devise étrangère : vos achats coûtent moins cher que prévu.

Exportation + hausse de la devise étrangère : vos ventes rapportent plus que prévu.

 

Situations défavorables

Importation + hausse de la devise étrangère : vos achats coûtent plus cher que prévu.

Exportation + baisse de la devise étrangère : vos ventes rapportent moins que prévu.

Pourquoi le risque de change peut-il impacter la rentabilité?

Lorsque l’évolution du taux de change est défavorable, vos marges de profit sont réduites, la planification budgétaire est plus complexe et des écarts entre vos prévisions et votre encaisse réelle se produisent. Ces imprévus peuvent nuire à votre compétitivité, surtout si vos concurrents ont sécurisé leurs propres devises et qu’ils ne subissent pas de pertes.

Dans un environnement où les marchés bougent vite, assurer une saine gestion de risque pourrait vous éviter des pertes financières, parfois importantes.

Pourquoi mettre en place une couverture du risque de change?

Si le risque de change paraît évident lorsque l’on fait du commerce international, il existe aussi à l’échelle nationale. Une entente avec un fournisseur local, payable en dollars canadiens, peut, elle aussi, présenter des risques. C’est le cas, par exemple, lorsque l’entente comprend une matière première (pétrole, grains, acier, etc.) dont la valeur sur le marché se négocie en dollars américains. Voilà pourquoi il est important d’évaluer les risques de change au cas par cas.

« En optant pour une couverture du risque de change adaptée à ses besoins, une entreprise peut concentrer ses efforts là où elle performe, soit son habileté à produire et à vendre efficacement. Ici, un bon accompagnement peut créer de la valeur. » – Benoit Marcoux, directeur chez Desjardins Marché des capitaux

Les bénéfices d’une couverture du risque de change

Une couverture du risque de change permet principalement de réduire l’incertitude liée aux variations des devises étrangères. Il est plus simple de signer des ententes sensibles aux fluctuations, de protéger ses marges commerciales et de faire sa planification budgétaire lorsque l’on sait dans quelles conditions les transactions seront finalisées.

Il faut aussi savoir qu’une stratégie de couverture est modulable. On peut recourir à une variété d’outils et de stratégies complémentaires. Dans tous les cas, il faut tenir compte de la tolérance au risque et de la capacité de l’entreprise à absorber des chocs. Pour Benoit Marcoux, directeur chez Desjardins Marché des capitaux, l’idée consiste surtout à « limiter l’impact des fluctuations de taux sur les résultats de l’entreprise par l’adoption d’une approche de gestion prudente et responsable ».

Une réponse aux marchés émergents et aux devises moins courantes

En matière de commerce international, une stratégie de couverture peut s’avérer très judicieuse. Comme elle permet de sécuriser les premières transactions, d’éviter les mauvaises surprises et d’avancer avec plus de confiance, elle constitue un bon filet de sécurité.

Les principaux outils de couverture du risque de change

Plusieurs instruments de couverture du risque de change s’offrent à vous, en fonction de vos besoins. Mais ce qu’il est important de retenir, c’est que, même si le cours d’une devise est parfois relativement stable (gains similaires aux pertes), le risque de perte existe. Le marché n’est jamais à l’abri d’un mouvement très marqué, surtout en période d’instabilité, d’où l’importance de se doter d’une couverture de risque appropriée.

Les contrats de change à terme (ouvert ou fermé)

Les contrats à terme représentent une solution commune, accessible et flexible. Un contrat à terme permet de fixer aujourd’hui le taux de change d’une transaction future, ce qui permet de se protéger contre une évolution défavorable de la devise. C’est une solution très prisée pour les entreprises qui recherchent stabilité et simplicité. S’il constitue un bel outil de gestion du risque de change, un contrat à terme ne permet toutefois pas de profiter des fluctuations favorables de la devise.

Contrats de change : des exemples pour y voir plus clair

Importation

Une entreprise doit payer une facture de 50 000 $ US dans 90 jours. Comme le taux de change risque de fluctuer, elle signe un contrat de change à terme avec son institution financière, au taux du jour, soit 1,3400. Ainsi, dans 90 jours, elle paiera 67 000 $ CA, quel que soit le taux du marché ce jour-là. L’entreprise s’est donc protégée contre d’éventuelles fluctuations des devises.

Exportation

Une entreprise québécoise doit percevoir 70 000 $ US dans 90 jours. Comme le taux de change pourrait baisser d’ici là, ce qui réduirait ses gains, elle décide de sécuriser un taux à terme de 1,3400 avec son institution financière. Ainsi, dans 90 jours, peu importe le taux en vigueur, l’entreprise recevra 93 800 $ CA. L’entreprise a donc effectué une saine gestion des risques.

Pourquoi le taux à terme ne correspond-il pas toujours au taux du jour?

Le taux fixé dans les contrats à terme n’est pas toujours identique au taux du jour parce qu’il est ajusté selon les points à terme, lesquels reflètent la différence de taux d’intérêt entre les deux devises. Ces points peuvent être positifs ou négatifs, ce qui peut rendre le taux à terme légèrement plus élevé ou plus bas que le taux du jour (spot). Ce mécanisme ne constitue pas une prédiction du marché, c’est une simple mécanique financière qui se traduit comme suit : 

taux à terme = taux spot +/- points à terme.

L’option classique et les stratégies d’option

La plus simple et la plus courante des options de change, l’option classique (plain vanilla) vous donne le droit, mais non l’obligation, d’acheter ou de vendre une devise à une institution financière à une date et à un taux prédéterminé. Pour acquérir l’option, il faut débourser une prime qui dépend de la durée de l’entente, du montant de devises protégées, du niveau de protection offert et de la volatilité anticipée.

Par la suite, si le marché a évolué en votre faveur, vous pourrez profiter du taux courant offert. À l’inverse, si le taux courant est défavorable, vous pourrez exercer votre option et effectuer votre transaction au taux convenu au départ. Dans tous les cas, la prime payée au départ n’est pas remboursable. Le principal avantage de l’option est la tranquillité d’esprit en matière de gestion des risques, sans engagement au-delà du montant de la prime.

Options de change (classique) : des exemples pour y voir plus clair

Importation

Vous devez payer 100 000 $ US dans six mois. Pour vous protéger d’une hausse du dollar américain (sans pour autant vous empêcher de profiter d’une baisse éventuelle), vous achetez une option d’achat (call) auprès de votre institution financière. En voici les paramètres :

  • Montant : 100 000 $ US
  • Prix d’exercice : 1,3500 $ CA/US
  • Coût de la prime : 1 560 $ CA
  • Taux spot actuel : 1,3300 CA/US

Dans trois mois, si le taux de change est :

Supérieur à 1,35, vous exercerez votre option et achèterez les dollars américains à 1,35.

Inférieur à 1,35, vous laisserez tomber l’option et achèterez les dollars américains au taux du marché, plus avantageux.

Ainsi, l’option vous donne un prix plafond, ici de 1,35, tout en vous laissant profiter d’une éventuelle baisse du dollar américain. La seule dépense certaine est la prime fixée à 1 560 $ CA.

Exportation

Vous attendez un recevable de 100 000 $ US dans trois mois. Pour vous protéger contre les risques de change (baisse du dollar américain) tout en profitant d’une éventuelle appréciation, vous achetez une option de vente (put) auprès de votre institution financière. En voici les paramètres :

  • Montant : 100 000 $ US
  • Prix d’exercice : 1,3000 $ CA/US
  • Coût de la prime : 1 230 $ CA
  • Taux spot actuel : 1,3300 CA/US

Dans trois mois, si le taux de change est :

Inférieur à 1,3000, vous exercerez votre option et vendrez les dollars américains à 1,3000.

Supérieur à 1,3000, vous laisserez tomber l’option et vendrez les dollars américains directement au taux du marché, plus avantageux pour vous.

Ainsi, l’option vous garantit un prix plancher, ici de 1,3000, tout en vous laissant profiter d’une éventuelle appréciation du dollar américain. La seule dépense certaine est la prime au coût 1 230 $ CA.

La bonne nouvelle, c’est qu’il est également possible de créer des stratégies d’option sans prime. Ce type de stratégie combine deux ou plusieurs options, et vous assure ainsi une protection contre une évolution défavorable de la devise, tout en vous permettant de bénéficier d’une certaine portion d’une évolution favorable de cette même devise. Le potentiel de gain est donc limité, mais les risques de change le sont également.

Les swaps de devises

Le swap de devises est un outil de trésorerie répandu. Il permet d’ajuster le moment où vous payez ou recevez une devise, afin de mieux synchroniser vos flux monétaires. Il consiste en deux transactions opposées, effectuées simultanément.

C’est utile, par exemple, si vous achetez 500 000 dollars américains au taux en vigueur, et les revendez simultanément au moyen d’un contrat à terme de six mois. Vous évitez ainsi de faire deux transactions indépendantes, à quelques mois d’écart. En somme, vous réduisez les risques de perte financière, en réunissant les deux opérations en une.

C’est pratique pour les entreprises qui ont des entrées et sorties régulières dans une même devise et qui souhaitent optimiser leur trésorerie internationale.

Un compte en devise étrangère peut-il simplifier les opérations?

Pour les entreprises qui paient ou encaissent souvent dans une même devise ($ US, €), un compte en devise étrangère peut simplifier la gestion quotidienne. Il peut réduire les conversions répétitives, les coûts qui s’y rattachent et l’exposition aux variations du taux de change.

Comment définir une stratégie de couverture du risque de change?

Même si l’on comprend l’importance d’une stratégie de couverture, il est possible que l’on ne sache pas par où débuter, surtout si l’on effectue rarement des transactions en devises étrangères. Voici des pistes pour entreprendre, instaurer et maintenir une saine couverture de risques.

Étape  1 : évaluer l’exposition au risque de change

Commencez par recenser toutes vos opérations en devises : achats, ventes, investissements, remboursements. Identifiez les moments clés, les montants importants et les transactions les plus sensibles. Cette analyse vous permettra de comprendre où se trouvent vos principaux risques. Surtout, faites attention au faux sentiment de confiance que procure une devise relativement stable.

« Sur les marchés, on peut perdre ou gagner, mais est-ce la mission d’une entreprise de miser sa marge bénéficiaire? Une couverture de risque est un outil assez simple, qui représente un faible investissement par rapport aux pertes potentielles », estime M. Marcoux.

Étape  2 : choisir la couverture de risque adaptée

Selon votre réalité, vous pouvez décider de couvrir tous vos flux, seulement ceux qui sont stratégiques ou encore de faire converger vos entrées et sorties d’argent dans une même devise étrangère. Votre choix dépendra de votre tolérance au risque et de la stabilité recherchée.

« En matière de couverture de risque de change, on peut aller d’une solution très simple à une stratégie plus complexe. Votre institution financière peut vous aider à évaluer vos besoins en continu, en tenant compte de votre niveau de confort et de connaissances. » – Benoit Marcoux, directeur chez Desjardins Marché des capitaux

Étape 3 : sélectionner les bons instruments

Chaque outil a ses avantages, selon la prévisibilité de vos opérations et vos besoins de flexibilité. Des conseils professionnels pourraient vous aider à éviter les solutions trop complexes ou mal adaptées à votre entreprise, en plus de vous permettre de réduire les autres types de risques liés au commerce international.

Étape 4 : concrétiser et surveiller

Une stratégie de couverture doit évoluer avec vous et votre entreprise. Prenez soin de définir clairement le rôle de chacun, de suivre vos échéances et prévisions, et d’ajuster vos stratégies de couverture de risque à intervalles réguliers. Plus votre suivi est rigoureux, meilleures sont vos chances d’avoir une stratégie de couverture adaptée à vos besoins.

Ce qu’il faut retenir

Le risque de change peut sembler abstrait, mais ses effets peuvent être bien réels. Heureusement, plusieurs outils de couverture existent pour protéger vos marges, stabiliser vos finances et vous faire avancer plus sereinement sur les marchés internationaux.

Vous souhaitez mieux comprendre votre exposition au risque de change ou explorer les options pour sécuriser les transactions en devises? Nos professionnels sont là pour vous.

 

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