Investir pour la première fois : les questions récurrentes
Les finfluenceurs, ces influenceurs qui prodiguent des conseils en investissement, jouissent d’une certaine popularité sur les réseaux sociaux. La preuve? Environ 28 % des Canadiens ont recours aux réseaux sociaux, aux forums ou aux influenceurs financiers pour gérer leurs finances personnelles1, et ce chiffre est encore plus élevé chez les 18-30 ans. La qualité et la fiabilité de ces contenus étant inégales, il est toutefois important de les analyser avec un regard critique et de tenir compte de l’ensemble des éléments en jeu pour se faire une idée juste et nuancée de la situation. Par exemple, certains finfluenceurs recommandent ou promeuvent des placements, une activité qui peut exiger une inscription réglementaire, sans détenir cette inscription. Cette année seulement, l’Autorité des marchés financiers a rencontré entre 25 et 30 influenceurs pour des rappels d’obligations et a effectué des perquisitions chez certains d’entre eux dans le cadre d'enquêtes actives2.
Comment démêler le vrai du faux entre ce qu’on entend sur les réseaux sociaux et ce qui fonctionne réellement? Voici des repères concrets, présentés question par question.
1. « Par où je commence si je n’y connais rien du tout? »
Vous ne connaissez peut-être rien aux marchés boursiers, mais vous êtes certainement au fait de vos propres habitudes. Avant de parler d’actions ou de fonds, trois questions se posent. Pourquoi est-ce que j’investis? Quand vais-je avoir besoin de cet argent? Et vais-je faire de l’insomnie si mon portefeuille baisse de 15 %? Vos réponses contribueront à orienter vos décisions d’investissement.
Vient ensuite la première vraie décision : aurais-je besoin d’un accompagnement pour m’aider à atteindre mes objectifs? Il n’y a pas de mauvais choix : tout dépend de votre niveau de confiance. Si l’idée de choisir vos propres placements vous stresse plus qu’elle ne vous excite, un conseiller ou une conseillère chez Desjardins peut vous aider à mettre sur pied une stratégie de portefeuille personnalisée qui tient compte de vos objectifs et de votre profil d’investisseur. Vous n’aurez donc pas à tout apprendre du jour au lendemain.
2. « Est-ce qu’il est possible de débuter avec un investissement par prélèvement automatique de 25 $ par semaine? »
Absolument! Évidemment, 25 $/semaine ne vous rendront pas riche instantanément, mais ça vous donnera quelque chose de précieux à long terme : une habitude durable, avec le temps comme allié.
Le véritable avantage réside dans le fait de commencer tôt : même avec de modestes sommes investies dès 18 ans, il est possible d’obtenir un meilleur résultat à long terme qu’en attendant plusieurs années pour investir un montant équivalent. En matière de placements, le temps joue habituellement un rôle déterminant dans la croissance de votre épargne.
3. « Est-ce que c’est mieux d’investir un petit montant chaque mois ou une grosse somme une fois par année? »
Selon Angela Iermieri, planificatrice financière*, on peut très bien concilier les deux approches. « Investir régulièrement aide à bâtir une bonne habitude d’épargne et bonifier l’investissement lors d’une entrée de fonds supplémentaire permet de profiter d’occasions pour faire croître son argent plus rapidement : ce sont deux approches complémentaires et valables pour investir efficacement. »
Cela dit, le principe demeure simple : investir lorsque des liquidités sont disponibles. Par exemple, un remboursement d’impôt ou les mois comportant trois périodes de paie, qui surviennent généralement deux fois par année, sont d’excellentes occasions pour faire fructifier votre épargne et accélérer l’atteinte de vos objectifs financiers.
Et rassurez-vous : la fréquence permet d’optimiser, alors que la discipline, elle, fait toute la différence. C’est le fait d’investir de façon régulière sur le long terme qui compte vraiment.
4. « Est-ce que je devrais investir moi-même ou passer par un fonds autogéré? »
Investir en choisissant soi-même ses titres est tout à fait possible, mais nécessite des notions de base sur la bourse et les investissements : vous devez être capable de déterminer vous-même votre stratégie d’investissement.
Et ici aussi, votre comportement est un bon guide. Si une situation stressante vous pousse à ralentir et à réfléchir plutôt qu’à paniquer, vous avez probablement le profil pour gérer vous-même votre portefeuille. Sinon, pas besoin de piloter soi-même l’avion pour arriver à destination.
Si vous optez pour l’autonomie, prenez garde : personne n’est à l’abri d’une décision émotive. Vendre en panique pendant une baisse de marché est un piège classique, mais l’excès de confiance après quelques succès peut être aussi dangereux. La réussite peut parfois nous entraîner à prendre des risques qu’on n’aurait jamais courus au départ.
5. « REER, CELI ou CELIAPP : lequel est le mieux pour moi? »
Même s’il est souhaitable de commencer à épargner tôt pour la retraite, il n’est pas dit que c’est présentement votre premier objectif. Le meilleur régime d’épargne dépend donc de vos objectifs**.
Si votre objectif est l’achat d’une première propriété et que vous êtes admissible, le CELIAPP pourrait constituer une option intéressante puisqu’il a été conçu à cette fin. Selon votre situation, le REER pourrait également être envisagé, notamment lorsqu’il s’intègre à une stratégie fiscale plus globale.
Pour l’épargne-retraite, certaines personnes pourraient privilégier le REER, alors que d’autres pourraient tirer davantage parti du CELI, voire d’une combinaison des deux régimes. Le choix dépend notamment de la situation financière actuelle et des besoins futurs anticipés.
Pour un projet à moyen terme, comme des rénovations, un voyage ou simplement la constitution d’une épargne sans objectif précis, le CELI pourrait offrir une grande flexibilité. Les revenus de placement peuvent y croître à l’abri de l’impôt et les retraits ne sont généralement pas imposables. Il peut ainsi représenter une façon simple de développer une habitude d’épargne, même avec des montants modestes.
6. « Est-ce que c’est risqué d’investir en bourse? »
Investir comporte des risques, mais ne pas le faire aussi. Selon le contexte économique, laisser son argent dans un compte-chèques peut, au fil du temps, entraîner une perte de pouvoir d’achat en raison de l’inflation. Cela dit, ce risque doit être mis en balance avec ceux associés aux placements, qui varient selon les produits choisis.
À court terme, oui, les marchés peuvent être volatils. Mais plutôt que de concentrer vos investissements dans les actions d’une seule entreprise ou au sein d’un seul secteur d’activité, il est généralement recommandé d’opter pour une approche diversifiée afin de répartir les risques et de profiter de différentes occasions de croissance.
7. « Investir dans l’or ou les cryptomonnaies, est-ce une bonne idée? »
On entend de plus en plus parler de l’or comme valeur refuge et des cryptomonnaies comme placements « miracles ». Ces perceptions doivent toutefois être nuancées : investir dans les métaux précieux ou les cryptomonnaies exige davantage de prudence, car ces actifs peuvent connaître d’importantes fluctuations de valeur, et celles-ci demeurent difficiles à prévoir. Il est donc préférable d’y investir une fois qu’on a une base solide reposant sur des placements plus stables et diversifiés, en discutant préalablement avec une personne de confiance ou un conseiller ou une conseillère.
8. « J’ai vu ça sur TikTok, est-ce que je peux m’y fier? »
Les réseaux sociaux regorgent de conseils : certains sont utiles, bien intentionnés, et vulgarisent bien l’information. D'autres sont carrément faux, simplistes ou, pire, trompeurs. Sauriez-vous faire la différence? Avant de suivre un conseil vu en ligne, vérifiez si la personne est inscrite auprès de l’AMF. Ça prend deux minutes, et ça peut vous éviter de mauvaises surprises.
Méfiez-vous particulièrement des occasions d’investissement qui promettent des rendements élevés sans risque, peu importe l’état des marchés. Ce type de promesse est très peu réaliste puisqu’il n’existe pratiquement pas de produits à fort rendement et sans risque. Pour en apprendre plus sur les signaux d’alarme à repérer, consultez l’article 6 conseils pour détecter une tentative de fraude à l’investissement.
Ultimement, un conseil sur TikTok, ça ne remplace pas l’expertise d’un conseiller inscrit ou d’une conseillère inscrite. Mieux vaut prévenir que guérir, surtout quand c’est votre portefeuille qui encaisse le coup. La bonne nouvelle? Il existe des sources fiables, accessibles et, détail non négligeable, entièrement gratuites. Consulter un conseiller ou une conseillère chez Desjardins, par exemple, vous permet de construire un plan financier entièrement personnalisé.
Conclusion
Au final, investir est une habitude qui se construit, un pas à la fois, peu importe le salaire, l’âge ou le niveau de connaissances. On commence par se connaître soi-même, on choisit ses placements selon son profil, et on utilise les régimes d’épargne selon ses objectifs et son admissibilité. Surtout, on commence tôt, parce que le temps restera toujours le meilleur allié en investissement.
Un rappel pour la route : si quelqu’un vous promet des rendements garantis, des retours fulgurants ou un chemin sans risque vers la richesse, c’est un red flag. Habituellement, si c’est trop beau pour être vrai, vous avez affaire à une arnaque. Fiez-vous à des sources qualifiées et sachez qu’investir dans une relation de confiance, ça aussi, c’est payant.
* Planificatrice financière et représentante en épargne collective pour Desjardins Cabinet de services financiers inc.
** Pour plus de détails quant aux conditions et modalités des différents régimes enregistrés, visitez le Régime d’épargne enregistrés : CELI, REER, CELIAPP et plus
1 La Presse (27 juillet 2025), Une vingtaine d’influenceurs contactés par l’AMF.
2 Le Devoir (28 mai 2026), L’Autorité des marchés financiers sort l’artillerie lourde pour traquer la fraude.