L’éducation financière au service de l’égalité des genres et de la sécurité alimentaire

L’éducation financière au service de l’égalité des genres et de la sécurité alimentaire

02 novembre 2021

Au Mali, de septembre 2014 à juin 2021, DID a travaillé avec plusieurs partenaires pour améliorer l’offre de services financiers et non financiers destinés aux producteurs et productrices agricoles. Parmi les objectifs du projet Financement agricole et rural au Mali (FARM) figurait l’élaboration et le déploiement d’une vaste stratégie d’éducation financière visant à aider les femmes à disposer des connaissances, des compétences et de la détermination nécessaires pour prendre des décisions financières responsables.

Dans les régions de San, Sikasso et Baguinéda, 1 765 femmes issues de 38 organisations paysannes ont participé aux initiatives d’éducation financière du projet FARM. L’une des clés du succès de ces initiatives réside dans le fait que les activités de formation offertes à ces femmes ont été dispensées par des leaders locales : deux leaders ont été formées dans chacune des organisations paysannes partenaires pour renforcer le leadership, la capacité à prendre la parole en public et l’éducation financière des femmes – pour un total de 76 femmes leaders formées.

Plus de 700 animations ont eu lieu entre 2018 et 2021. Chacune des causeries-débats animées par des leaders auprès de leurs paires avait une durée d’environ une heure. Respectant la tradition orale, ces causeries ont abordé 7 grands thèmes : la circulation de l’argent, l’assurance récolte, le mobile money, le stress financier, la gestion d’entreprise, l’épargne et le crédit.

« Avec les formations de FARM, j'ai compris que l'une des solutions pour éviter le stress financier en tant qu'agricultrice est la diversification des sources de revenus agricoles », témoigne Habibata Diawara, productrice de maïs. « Depuis, en plus de produire du maïs, je pratique le maraîchage. Les revenus de cette activité secondaire m'aident à supporter mes charges et même à épargner un peu. Aujourd'hui, j'aide mon mari avec les dépenses de la famille et les dépenses liées à notre activité agricole. »

À l’issue du projet, une évaluation a été réalisée pour mesurer son impact dans la région de Baguinéda par le Département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation de l’Université Laval. À la fois quantitative et qualitative, cette évaluation a permis d’établir les constats suivants :

  • Les femmes de Baguinéda ont fait évoluer leurs pratiques en vue d’épargner et de constituer des fonds d’urgence.
  • Elles se sentent mieux outillées pour défendre leurs droits et intérêts, et sont davantage conscientes du rôle qu’elles peuvent et doivent jouer au sein de la communauté.
  • Désormais, les femmes connaissent mieux les services offerts par les institutions financières. La plupart d’entre elles ont fréquemment recours à ces services, et tout particulièrement aux services d’épargne, et elles disent pouvoir gérer leurs activités économiques de façon autonome.
  • Enfin, elles disent avoir augmenté l’efficacité de leur coopérative agricole et reconnaissent les avantages de travailler ensemble.

Le projet FARM a été réalisé grâce à l’appui financier d’Affaires mondiales Canada.