- Desjardins Assurances
L’importance de la pharmacogénomique dans votre régime d’assurance collective
La rédaction de cet article a été rendue possible grâce à l’expertise de Nathalie Rivest, B. Pharm., M. Sc., directrice, Stratégie Médicaments chez Desjardins Assurances.
Vous avez sans doute entendu parler des tests génétiques qui permettraient de retracer nos origines à partir d’un échantillon de salive. Le milieu médical pousse la science plus loin et établit un lien entre notre ADN (notre génétique), et celui des médicaments disponibles pour traiter une maladie. C’est là que la pharmacogénomique entre en jeu. Son application sous forme de tests offerts au grand public est relativement récente, et de plus en plus répandue.
Pourquoi s’intéresser à ces tests? Quelle information peut-on en tirer?
Qu’est-ce que la pharmacogénomique?
De prime abord, la pharmacogénomique peut sembler difficile à comprendre. En fait, la pharmacogénomique est la science qui étudie la manière dont les variations (ou mutations) génétiques peuvent influencer les variations des effets d’un médicament – variations des bénéfices, des effets indésirables, ou de la dose à prescrire1.
Nous avons généralement une bonne idée de ce qu’est la génétique : un oncle qu’on n’a pas vu depuis des années qui nous dit qu’on est « le vrai portrait de sa mère » fait référence à notre génétique. Tout comme le médecin qui nous demande si nos parents ou notre fratrie souffrent de telle ou telle maladie. Notre réponse à cette question toute simple lui mettra la puce à l’oreille quant à notre prédisposition à la maladie, dont nous présentons les symptômes. Si après nous avoir prescrit un médicament habituellement recommandé pour soulager ces symptômes le médecin constate qu’il ne semble pas agir sur nous ou qu’il entraîne des effets indésirables, il modifiera le dosage ou proposera un autre médicament et attendra d’en constater les effets.
Il peut aussi prendre un raccourci intéressant et recommander un test pharmacogénomique pour tenter d’identifier le médicament qui fonctionnerait le mieux pour nous. On désigne souvent cette approche comme étant de la médecine personnalisée.
De l’avis de Nathalie Rivest, « Il faut toujours garder en tête que, sans être la solution magique à une guérison certaine, le fait de pouvoir cibler un médicament plus compatible avec la génétique de la personne malade comporte des avantages certains pour augmenter les chances de succès d’un traitement ».
Depuis janvier 2026, grâce à notre partenariat avec Biron Génétique, filiale de Biron Groupe Santé, les adhérents et adhérentes ainsi que leurs personnes à charge bénéficient d’un rabais de 10 % sur les tests liés à la santé mentale, aux maladies cardiovasculaires et à la gestion de la douleur.
Les tests pharmacogénomiques font aussi partie des frais admissibles à la garantie standard accident‑maladie, à condition que la personne assurée soit couverte et que le régime d’assurance collective de l’adhérent ou de l’adhérente prévoit cette couverture.
Les bienfaits de la pharmacogénomique en milieu de travail
L’absence d’un ou d’une collègue pendant une période indéterminée vient immanquablement bousculer l’organisation du travail de toute son équipe, y compris de son ou sa gestionnaire. Les répercussions sont réelles : incertitude, charge de travail modifiée ou augmentée, projets mis de côté, stress généralisé. Les spécialistes en gestion de l’invalidité mettent tout en œuvre pour aider l’employé ou l’employée à se rétablir et à réintégrer le travail dans les meilleures conditions possibles. Après en avoir évalué la pertinence, ils peuvent lui proposer de subir un test pharmacogénomique, une solution non intrusive et accessible.
Pourquoi faire un test pharmacogénomique?
Les tests pharmacogénomiques permettent d’étudier les gènes qui pourraient influencer la réponse de l’organisme à un médicament. Cette analyse permet d’identifier les compatibilités entre la personne malade et les médicaments offerts pour la traiter.
Comment ça fonctionne?
C’est d’abord et avant tout une question de compatibilité génétique! En gros, on extrait des cellules de la salive pour y lire la séquence de la molécule d’ADN, puis on mesure des centaines de petites variations à différentes positions spécifiques sur la molécule2. À partir de ces données, on cherche ensuite les compatibilités avec les médicaments recommandés et on prescrit celui qui en présente le plus, ou qui présente le moins d’incompatibilités.
C'est précis?
Comme il faut se baser sur les données d’ADN disponibles, plus le nombre de personnes subissant ces tests est élevé, plus on dispose d’un grand bassin de séquences génétiques d’ADN auxquelles comparer celle de la personne malade. On compare donc notre ADN à celui de parfaits inconnus, mais qui ont un profil génétique semblable au nôtre, ont pris les mêmes médicaments pour traiter les mêmes symptômes, et ont réagi de telle ou telle façon au traitement.
Mise en garde
Il faut demeurer prudent! Le fait d’ajuster un médicament en fonction du profil génétique d’une personne ne garantit pas ses chances de guérison. Cela permet surtout d’éviter la méthode essai-erreur, qui peut s’étirer sur quelques mois et causer des désagréments au patient sans pour autant soulager ses symptômes.
Un allié pour la santé mentale
On utilise de plus en plus ces tests pour faciliter le traitement de plusieurs problèmes de santé mentale et physique, pour lesquels il arrive que le premier médicament prescrit ne soit pas nécessairement le plus efficace, souvent pour des raisons de compatibilité génétiques. La période d'essais-erreurs peut s’avérer éprouvante pour une personne malade : les effets indésirables, le peu d’amélioration de son état et l’obligation d’essayer un nouveau médicament finissent parfois par miner un moral déjà atteint. La possibilité d’obtenir le traitement le mieux adapté dès le départ limite les inconvénients associés aux essais-erreurs et accélère possiblement le processus de guérison. Ces avantages profitent autant à l’employé ou employée qu’à l’employeur et aux membres de son équipe.
Les problèmes de santé mentale représentent pour près de 30 % des réclamations pour invalidité de courte et de longue durée à l’échelle nationale. Ils comptent aussi parmi les trois principaux motifs à l’origine des réclamations selon 80 % des employeurs3, tous secteurs d’activité confondus.
Les tests les plus courants permettent d’aider les personnes atteintes de :
- Dépression
- Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH/TDA)
- Maladie cardiovasculaire
- Douleur chronique
Comme l'a souligné Nathalie Rivest, le fait de pouvoir cibler un médicament plus compatible à la génétique d'une personne peut augmenter les chances de succès d’un traitement. Cela lui permettra de se remettre sur pied plus facilement et possiblement plus rapidement. Intégrés dans une offre globale de gestion de l'invalidité, les tests pharmacogénomiques font partie des outils accessibles et abordables pour aider les personnes malades à reprendre la vie active, en forme et de façon durable.
Références
1. Simon De Denus, doyen de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal et pharmacien et chercheur à l’Institut de cardiologie de Montréal.
2. Simon Gravel, Généticien, Professeur de génétique, Université McGill.
3. Commission de la santé mentale du Canada, La nécessité d'investir dans la santé mentale au Canada Lien externe au site. S'ouvre dans une nouvelle fenêtre..