Davantage d'autonomie et de leadership pour les agricultrices maliennes

Davantage d'autonomie et de leadership pour les agricultrices maliennes

7 juillet 2020

Dans le village de Fachoribougou, situé près de Sikasso dans le sud du Mali, Habibatou Diawara est reconnue comme une leader et une agente de changement par les membres de sa communauté. À 45 ans, cette agricultrice mère de 7 enfants préside la coopérative de production agricole Kotogngontala dont sont membres 73 agricultrices.

Cette coopérative est l'un des nombreux regroupements paysans qu'a appuyés le projet Financement agricole et rural au Mali (). Mené par Développement international Desjardins () et SOCODEVI avec le soutien financier du gouvernement du Canada, le projet vise à accroître la productivité et les revenus des agricultrices et agriculteurs maliens par un meilleur accès aux services financiers et une concertation accrue entre les différents acteurs des chaînes de valeur.

Le projet comporte aussi un volet consacré à l'éducation financière, à l'accompagnement technique et au renforcement du leadership féminin. Mme Diawara fait partie des nombreuses leaders qui ont animé des séances de sensibilisation au bénéfice des autres femmes de leur village, après avoir elles-mêmes été formées dans les domaines du leadership, de la prise de parole en public, de la communication et de l'andragogie. « Mes proches, et tout particulièrement mon mari, sont heureux et fiers de me voir servir ainsi les femmes de ma communauté », souligne-t-elle avec satisfaction.

« Maintenant, tout est clair pour moi! »

Grâce au projet FARM, les membres de la coopérative ont aussi bénéficié d'une formation technique sur le calcul du coût de production. « L'an dernier, cette formation a fait toute la différence pour nous, alors que nous étions un peu en retard sur notre calendrier cultural, explique Mme Diawara. Grâce à nos apprentissages, nous avons compris qu'il valait mieux ne pas planter de maïs comme prévu, mais plutôt du niébé (haricot), une culture qu'il serait plus facile de rentabiliser. »

Désormais, Mme Diawara ne fixe plus ses prix de vente de manière arbitraire, mais bien en fonction de ses coûts de production. « Maintenant, tout est clair pour moi! Je sais ce que j'ai dépensé dans les semences et les fertilisants, et je note avec précision les quantités que j'ai récoltées. Je peux donc dresser l'état de la situation et bien planifier la prochaine campagne. Grâce au projet FARM, nous avons formalisé notre coopérative et nos façons de faire. Le calcul des coûts de production nous aide à fixer le prix de vente de nos produits et à estimer nos bénéfices. »

Les formations offertes par le projet ont aussi instauré une culture d'épargne chez les membres de la coopérative. Grâce aux petits montants qu'ils mettent de côté sur une base régulière, elles arrivent désormais à gérer sans stress les dépenses exceptionnelles, comme les mariages, les baptêmes, les funérailles ou les fiançailles. Pour sa part, Mme Diawara réussit à épargner chaque semaine 2000 FCFA (près de 5 $CAN) grâce aux revenus qu'elle tire de ses activités.

Ses projets? « Construire une maison sur la parcelle que j'ai achetée l'an dernier à Sikasso. Je suis certaine que je vais y parvenir, car avec cette culture d'épargne, mes revenus vont augmenter. J'ai aussi entamé le processus d'ouverture de mon compte personnel dans une institution financière de Sikasso », soutient avec confiance celle dont la famille contemple un avenir plus radieux que jamais.

Programme FARM

Le programme FARM fait partie d'une nouvelle recherche mandatée par le Groupe canadien de réflexion sur la sécurité alimentaire (), un réseau d'organisations humanitaires et de développement canadiennes spécialisées dans les systèmes alimentaires mondiaux et la sécurité alimentaire dans les pays du Sud. Le programme FARM est l'une des 6 études de cas en Afrique de l'Ouest de projets soutenus par des organisations de la société civile canadienne. Ces projets démontrent comment ces investissements soutiennent des résultats de développement durable tels que l'égalité des genres, le développement durable et la résilience aux changements climatiques, l'amélioration des moyens de subsistance et l'amélioration de la sécurité alimentaire.

En savoir plus sur l'étude de cas FARM et le projet de recherche GRSA