Un meilleur accès au crédit… et à l'estime de soi pour les agricultrices maliennes

Un meilleur accès au crédit… et à l'estime de soi pour les agricultrices maliennes

7 juillet 2020

Au Mali, la production d'oignons est une filière exploitée principalement par les femmes, sur de petites superficies. Les défis sont toutefois nombreux pour les agricultrices, qui peinent à accéder à la terre, au financement et aux connaissances techniques.

À Dougoulakoro, village paysan situé entre Baguinéda et Bamako, un groupe d'agricultrices ont décidé d'unir leurs forces au sein d'une association paysanne. Ramata Diarra, une jeune mère de 31 ans, en est la secrétaire administrative. Contrairement à la majorité des femmes du groupe, elle a eu la chance d'aller à l'école pendant quelques années : un avantage qui l'a grandement aidée au moment de demander un prêt pour l'association.

Ce prêt, elle l'a obtenu grâce au projet FARM et à ses partenaires locaux : l'Office du Périmètre Inondé de Baguinéda () et la Banque nationale de développement agricole (). Mené par Développement international Desjardins () et SOCODEVI avec le soutien financier du gouvernement du Canada, le projet FARM vise à accroître la productivité et les revenus des petits exploitants agricoles maliens par un meilleur accès aux services financiers et à l'accompagnement technique.

Un prêt qui a fait toute la différence

« N'eût été l'appui du projet FARM, nous ne saurions que faire cette année, car nous n'avions pas les moyens financiers de travailler la terre », explique Ramata. Mais grâce au prêt de 2 500 000 FCFA (5 500 $CAN) obtenu par l'association, le groupe de femmes a pu démarrer sa production d'oignons. « Aucune des femmes de Dougoulakoro n'a subi le stress habituel des campagnes passées », explique Diarra.

Les revenus qu'elles en ont tirés leur ont permis de planifier la prochaine campagne, de subvenir aux besoins de leurs familles et d'améliorer leurs conditions de vie. « C'est grâce aux revenus de ma récolte que j'ai pu acheter une moto de seconde main, souligne avec fierté Ramata, dont le domicile est situé à 3 kilomètres du champ où elle cultive. Ma nouvelle moto facilite grandement mes déplacements entre le champ, la maison, le marché et le centre-ville où je dois me rendre pour faire les courses. Mes revenus m'ont même permis d'acheter 2 tonnes de ciment pour démarrer la construction de ma maison ».

La confiance en soi, un facteur clé de succès

Le projet FARM comporte aussi un volet consacré à l'éducation financière et au renforcement du leadership féminin. Grâce aux différentes formations que Ramata a reçues sur la prise de parole en public, le leadership et les techniques de communication, elle est maintenant beaucoup plus sûre d'elle. « Jusqu'à tout récemment, si j'avais dû parler devant un groupe, je lui aurais tourné le dos. Mais aujourd'hui, même devant le Président de la République, je serais capable de m'exprimer pleinement », soutient-elle avec fierté.

Avec 5 enfants et d'importantes responsabilités tant communautaires que familiales, Ramata ne peut que se réjouir de voir ses capacités ainsi renforcées. La voie vers l'autonomie et le succès est désormais tracée beaucoup plus clairement pour elle. « Alors que nous étions dans l'obscurité, le projet FARM nous a ouvert les yeux! » conclut-elle.

Programme IMSA

Le programme IMSA fait partie d'une nouvelle recherche mandatée par le Groupe canadien de réflexion sur la sécurité alimentaire (), un réseau d'organisations humanitaires et de développement canadiennes spécialisées dans les systèmes alimentaires mondiaux et la sécurité alimentaire dans les pays du Sud. Le programme IMSA est l'une des 6 études de cas en Afrique de l'Ouest de projets soutenus par des organisations de la société civile canadienne. Ces projets démontrent comment ces investissements soutiennent des résultats de développement durable tels que l'égalité des genres, le développement durable et la résilience aux changements climatiques, l'amélioration des moyens de subsistance et l'amélioration de la sécurité alimentaire.

En savoir plus sur l'étude de cas IMSA et le projet de recherche GRSA