Caisses Desjardins du Québec et caisses populaires de l'Ontario [Choisir un autre site]

Communément appelées caisses d'économie1, les caisses de groupes Desjardins du Québec sont des coopératives de services financiers qui sont implantées principalement en milieu de travail et au sein de communautés culturelles.
Les caisses de groupes, aujourd'hui au nombre de 39, servent plus de 265 000 membres dans 700 entreprises et organismes publics et parapublics du Québec. Elles sont présentes dans plusieurs secteurs : éducation, santé, services publics (municipal et gouvernemental), industrie, économie solidaire, culture, télécommunications, haute technologie. Elles apportent aussi leur contribution auprès des communautés portugaise, polonaise et lituanienne.
Les caisses de groupes sont réunies au sein d'une même première vice-présidence provinciale, chapeautée par le Mouvement Desjardins. Cette entité dispense à ses caisses affiliées des services diversifiés en matière de stratégies d'affaires, de gestion financière, de vente, de développement de marché, d'organisation et de méthodes de travail, de ressources humaines et de communication.
Conçues et gérées par les travailleurs et pour les travailleurs
En plus de dispenser et de proposer aux travailleurs la gamme complète des produits et services financiers offerts dans le Mouvement Desjardins, les caisses de groupes leur offrent une expertise adaptée à leur milieu de travail, à leur niveau de revenu et à leur situation personnelle et professionnelle.
Leur secret? La connaissance
La connaissance, à la fois de l'entreprise ou de l'organisme où travaillent leurs membres, les problématiques et les préoccupations qui les entourent, leur appartenance syndicale, les conditions de travail, les salaires, les régimes de pension et les avantages sociaux. Cette connaissance intrinsèque du milieu et de ses membres permet de réaliser encore plus efficacement une planification financière, budgétaire et de la retraite.
Le milieu de travail ou le groupe constitue l'essence même de la caisse. La caisse évolue au rythme de ses membres; elle est le reflet de leurs aspirations, de leurs besoins et de leurs rêves. À la table du conseil d'administration, les administrateurs élus par l'assemblée générale des membres se retrouvent sur le même pied d'égalité. Machinistes, retraités, cadres, personnel de soutien, professionnels, tous ont la responsabilité de décider ensemble des grandes orientations de leur coopérative financière et de mettre sur pied des projets favorisant le mieux-être économique et social de leurs membres
1. Une très forte majorité d'entre elles ont « caisse d'économie » dans leur dénomination sociale.

Issues des milieux de travail et des grandes associations syndicales
Les caisses d'économie des employés du CN et du CP, par exemple, ou celles des pompiers et des policiers de Montréal, ont fondé leur caisse au milieu des années 40. Toutefois, la grande majorité des caisses d'économie sont nées au Québec dans les années 60. Elles ont été bâties sur le modèle de leurs soeurs du sud, les credit unions américaines.
À l'époque de la révolution tranquille, les travailleurs éprouvaient des difficultés à emprunter auprès des institutions financières traditionnelles. Ne possédant ni maison, ni terre, ni capital et n'ayant en garantie que la force même de leur travail, ils se voyaient contraints, pour obtenir du financement, de recourir au crédit des sociétés de crédit (« compagnies de finances ») dont les taux d'intérêt étaient alors très élevés. Les effets de ce phénomène ont tôt fait de se manifester et les travailleurs se sont retrouvés dans de graves situations d'endettement.
C'est ainsi que des groupes de travailleurs, avec l'aide de leur syndicat ou de leur association, se sont donné leur propre outil financier avec, comme premier moyen d'épargne, la retenue à la source.
En économisant quelques dollars par semaine sur leur paie, les travailleurs ont vite fait de se constituer un capital et de se donner des services à travers des coopératives de services financiers, propriétés des membres, gérées par eux et bâties à leur image.
En 1962, les caisses de groupes se sont donné une fédération francophone, soit la Fédération des caisses d'économie du Québec, et 17 ans plus tard, en 1979, elles se sont affiliées au Mouvement Desjardins.
En 2001, elles ont fusionné avec la Fédération des caisses Desjardins du Québec pour se regrouper au sein de la Première vice-présidence des caisses de groupes.

Au Québec, Alphonse Desjardins a été l'initiateur du premier outil de libération économique du peuple québécois, les caisses populaires. Visionnaire, il fut à l'origine de ce qui est certainement la plus importante réalisation collective québécoise.
Répondant à l'appel de compatriotes québécois expatriés dans le nord des États-Unis, Alphonse Desjardins constata que les usines, plutôt que les paroisses, jouaient un rôle prépondérant dans l'organisation sociale de ce coin de l'Amérique. C'est donc à partir des lieux de travail, soit les entreprises, qu'il entreprit la fondation de nouvelles coopératives. Et ce sont ces mêmes entreprises qui, en venant s'implanter au Québec, ont été à la source des caisses d'économie anglophones au Québec, les credit unions.
Depuis 2001, dans le cadre d'un vaste chantier de réorganisation entrepris par le Mouvement Desjardins, les caisses d'économie se sont regroupées entre elles, leur nombre passant ainsi de 92 à 39.
Franchissant les frontières des régions administratives où elles étaient situées, plusieurs sont devenues des caisses à dimension nationale ayant des centres de services un peu partout au Québec. C'est le cas, par exemple, de la Caisse d'économie de l'éducation, qui offre des services au personnel de l'enseignement du Grand Montréal, de la Montérégie, de Québec, en passant par le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie. C'est le cas également de la Caisse d'économie du personnel du Réseau de la santé, de la Caisse d'économie solidaire Desjardins, de la Caisse d'économie Desjardins des travailleurs unis, de la Caisse d'économie Hydro, de la Caisse Desjardins du personnel de l'Administration et des Services publics, etc.
Ce regroupement des caisses d'économie a favorisé une meilleure utilisation des ressources humaines, techniques et opérationnelles de ces coopératives financières, permettant ainsi d'exploiter, au bénéfice des membres propriétaires, l'immense potentiel qu'elles détiennent en matière d'expertise et de qualité de services.
L'objectif de demain : bâtir dans chacune des caisses de groupes des modèles de distribution de produits et services en parfaite harmonie avec les besoins des membres et les milieux dont ils sont issus. Pour ce faire, les caisses de groupes auront à faire appel à leurs talents et à leur créativité. Elles devront prêter l'oreille à leurs milieux afin de lancer, avec leurs partenaires et leurs membres, des projets structurants et durables qui témoignent de leur engagement social et économique en conformité avec les valeurs auxquelles elles adhèrent depuis leur naissance, soit la démocratie, la solidarité, l'autonomie et la liberté.
Avec la mondialisation, une pénurie annoncée de main-d'œuvre et l'accroissement de la population issue des communautés culturelles, les caisses de groupes devront plus que jamais continuer à être actives dans les champs de compétence qu'elles occupent. Elles devront aussi continuer à cultiver, individuellement et collectivement, le lien profond qu'elles ont toujours entretenu avec les groupes de travailleurs, ainsi qu'à les informer et à les former au moyen de programmes d'éducation économique mis de l'avant en collaboration avec les organisations syndicales du Québec.
Voilà l'immense défi des années à venir.
Serge Dufresne
Premier vice-président
Caisses de groupes

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