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Jeunes en société

Fournies par l'Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec, ces chroniques à saveur sociale ont pour but de vous conseiller à travers les étapes de votre cheminement de vie. Elles pourraient également vous fournir les ressources pour aider un ami!

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Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec

L'estime de soi chez les jeunes adultes

En matière d'amour propre, ce n'est pas toujours évident de garder la tête au-dessus de l'eau. La culture dominante nous inonde de conditions. Si vous portiez tel vêtement, vous seriez mieux apprécié. Si vous conduisiez telle voiture, vous paraîtriez plus dynamique. Si vous pratiquiez telle profession, vous accéderiez enfin à une situation digne de respect.

Pourtant, chez ceux et celles qui ont consenti aux conditions, un grand nombre finissent par être désillusionnés. Remplir les conditions n'a pas remonté ni soutenu leur estime de soi. À la place de cette estime, ces personnes trouvent un grand vide. Alors, si l'estime de soi ne tient pas à cela, que faire? Cette question en laisse beaucoup avec un sentiment d'impuissance, de frustration et de honte.

C'est une expérience amère que peuvent connaître les jeunes adultes. Une expérience exacerbée lorsqu'ils ou elles voient leurs pairs les dépasser sur les chemins académiques et professionnels. Il existe par contre un antidote.

Premièrement, il y a lieu de définir correctement l'estime de soi. La véritable estime de soi ne repose pas sur des conditions et ne dépend pas d'autrui. Quoique les réussites et la rétroaction positive peuvent alimenter l'estime de soi, cela ne se produit que si la personne sait comment s'en nourrir.

Mais avant même d'en arriver là, il est essentiel de partir d'une base solide, sans condition ni prétention. Il est essentiel de reconnaître qui on est, avec ses qualités ainsi qu'avec ses aspects qui gagneraient à être améliorés. Il s'agit d'un regard réaliste - c'est-à-dire ni catastrophique ni grandiose - que l'on porte sur soi. À partir de cette base, les défis, les obstacles et les erreurs de parcours sont perçus comme des occasions d'apprentissage qui permettent le déploiement et le développement de ses forces, qui permettent de grandir.

De là, on est plus en mesure de mettre en perspective la réussite et la rétroaction. Oui, c'est bien de décrocher un meilleur poste, c'est agréable d'entendre que l'on fait bien son travail. Ces choses sont des acquis, mais l'estime de soi n'en dépend pas; elle repose plutôt sur la conscience de qui on est avec ou sans ces acquis; elle repose sur la conscience de ses valeurs et de sa valeur intrinsèque. Ces acquis deviennent alors simplement une nourriture supplémentaire pour l'estime de soi et non une denrée essentielle.

L'estime de soi peut parfois représenter un défi de taille. Si c'est difficile pour vous de maintenir un niveau confortable, il serait peut-être aidant de consulter un professionnel de votre milieu.

Jean-Pierre Plouffe
Travailleur social

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