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Jeunes en société

Fournies par l'Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec, ces chroniques à saveur sociale ont pour but de vous conseiller à travers les étapes de votre cheminement de vie. Elles pourraient également vous fournir les ressources pour aider un ami!

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Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec

La communication non violente

Par Stéphane Richard, travailleur social

Comme travailleur social en milieu scolaire, j'ai souvent reçu des jeunes et aussi des adultes en difficultés de communication. Laissez-moi vous présenter ici un outil très utile pour créer ou encore conserver un espace de dialogue entre vous et vos amis ou entre vous et vos parents. Cet outil a été développé par Marshall B. Rosenberg1.

La communication non violente (CNV) et ses 4 étapes

  • Observation
    Vous observez, dans le calme ce qui, dans les paroles ou les gestes d'autrui, vous rend mal à l'aise ou si c'est le cas, vous rend confortable. L'important est de parvenir à nommer les faits, c'est-à-dire les gestes ou paroles observées sans y mêler de jugement ou d'évaluation. Dans cette première étape, n'écrasez pas l'autre par votre évaluation ou votre jugement, pour garder un espace ouvert et non violent.

    • Exemple d'un fait observé et à nommer à cette étape : votre colocataire entre dans votre chambre sans frapper à votre porte.
  • Sentiments
    Vous vous interrogez sur ce que vous ressentez : êtes-vous triste, joyeux, inquiet, amusé, fâché? Puis lorsque vous êtes prêt, vous le dites simplement à l'autre.

    • Exemple : lorsque tu entres dans ma chambre sans cogner, ça me fâche.
  • Besoins
    Il vous faut maintenant identifier et puis exprimer le besoin à l'origine de votre sentiment. La plupart du temps, lorsque vous éprouvez un sentiment fort comme la colère ou la tristesse, c'est le signe que vous avez un besoin non satisfait. C'est souvent l'étape la plus difficile mais indispensable.

    • Reprenons l'exemple précédent : lorsque tu entres dans ma chambre sans cogner, ça me fâche, car je ne me sens pas respecté dans mon besoin d'intimité (3e étape).
  • Demandes
    Dans cette dernière étape, votre tâche est de faire une demande précise, concrète et le plus possible, réaliste (mesurable et vérifiable dans le temps). Il faut que vous disiez à l'autre ce que vous désirez pour que votre vie soit plus agréable. Il est très important de ne pas provoquer l'autre dans la demande en question. Quand je dis «provoquer», je veux signifier ici d'utiliser le sarcasme ou les sous-entendus pour exposer votre demande. Il te faut être clair et aller droit au but.

    • Reprenons l'exemple précédent : lorsque tu entres dans ma chambre sans cogner, ça me fâche, car je ne me sens pas respecté dans mon besoin d'intimité. Ma demande est que tu cognes à ma porte avant d'entrer. Si tu préfères, je pourrais barrer ma porte lorsque je suis dans un besoin d'intimité et là, si jamais tu oublies, ça pourrait t'indiquer mon besoin. Alors, qu'en penses-tu (4e étape)?

Deux attitudes sont de première importance dans la communication non violente : la sincérité lorsque vous vous exprimez et aussi l'écoute de l'autre pour déceler dans ses propos les 4 dimensions : observation, sentiments, besoins, demandes.1

Pour résumer la communication non violente :

  • vous dites ce que vous observez, ressentez et désirez, et ce que vous demandez pour votre mieux-être;
  • vous entendez ce que vous observez, ressentez et désirez, et ce que vous demandez pour votre mieux-être.

C'est tout un défi la communication non violente. Il se peut qu'au début, tout comme les premières fois où l'on conduit une automobile, on éprouve des difficultés d'adaptation, d'aisance avec cette nouvelle façon de communiquer. Ne vous découragez pas, car plusieurs jeunes adultes comme vous qui se sont exercés à la CNV (communication non violente) ont vu leurs relations avec leurs parents et amis se transformer de façon durable. Quelqu'un me disait qu'il avait compris, en pratiquant la CNV, que ce n'est pas ce qui arrive qui détermine notre vie, mais bien ce que nous choisissons de faire avec ce qui arrive.

Bibliographie

  1. Marshall B. Rosenberg, Les mots sont des fenêtres (ou des murs), introduction à la communication non violente, éditions Jouvence, traduit de l'américain par Annette Cesotti et Christiane Secretan, 1999, 235 pages.
  2. Thomas D'ansembourg, Cessez d'être gentil soyez vrai!, les Éditions de l'Homme, Québec, 2001, 249 pages.

1. Ibid., p.15

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