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Jeunes en société

Fournies par l'Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec, ces chroniques à saveur sociale ont pour but de vous conseiller à travers les étapes de votre cheminement de vie. Elles pourraient également vous fournir les ressources pour aider un ami!

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Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec

L'amour… pas la violence

par Isabelle Côté, travailleuse sociale

Les jeunes couples de 18-24 ans ne sont pas à l'abri de vivre de la violence dans leur relation. Ce qui se présente au départ comme une belle histoire d'amour peut, malheureusement, dans certains cas, se transformer en cauchemar.

Mais qu'est-ce au juste que la violence? C'est tout le contraire du respect et de l'égalité que l'on retrouve habituellement dans une relation amoureuse épanouissante. Ce n'est surtout pas un simple problème de communication qui va se régler facilement et sans conséquence. Ce n'est pas non plus lorsque évoquant « l'amour fou », votre partenaire vous traite comme sa possession, sa chose, son bien.

La violence dans une relation de couple c'est « un exercice de pouvoir par lequel un individu en position de force cherche à contrôler une autre personne en utilisant des moyens de différents ordres afin de la maintenir dans un état d'infériorité ou de l'obliger à adopter des comportements conformes à ses propres désirs. »1

Voici quelques exemples permettant d'illustrer les différentes formes que peut prendre la violence dans un couple.

  • La violence verbale (la plus banalisée)
    Utiliser un langage grossier, injurier l'autre, l'insulter régulièrement dans l'intimité et en présence d'autres personnes, etc.

  • La violence psychologique (la plus subtile)
    Dénigrer l'autre, l'humilier, le bouder, contrôler ses gestes, ses paroles, ses appels téléphoniques, faire du chantage émotif, etc. La violence verbale et la violence psychologique sont souvent liées.

  • La violence sexuelle (la plus cachée)
    Forcer l'autre à avoir des relations sexuelles contre son gré, le traiter comme un objet sexuel, l'obliger à visionner du matériel pornographique, etc.

  • La violence physique (la plus connue et la plus dénoncée au criminel)

    • De façon directe :
      Employer des gestes violents contre l'autre personne (bousculer, gifler, serrer le bras), tenter de l'étrangler, de la tuer, etc.

    • De façon indirecte :
      Briser les biens de l'autre, lui lancer des projectiles, défoncer un mur ou une porte dans le but de l'intimider, etc.

    • La violence économique (la plus sournoise)
      Voler l'argent de l'autre, l'empêcher d'avoir un emploi ou de le garder, contrôler de façon indue ses achats de vêtements, d'épicerie, etc.

La violence dans les relations de couple est un engrenage insidieux et destructeur qui se joue à l'intérieur d'un cycle où l'on retrouve les phases suivantes :

  • le climat de tension (escalade);
  • l'épisode violent (agression);
  • la justification de l'agresseur et responsabilisation de la victime;
  • la lune de miel (rémission).

    Le cycle peut se répéter encore et encore et la dangerosité devenir de plus en plus palpable.

Lorsqu'une personne choisit d'exercer de la violence, tous les prétextes sont bons et tous les moyens peuvent le devenir aussi, mais rien ne la justifie.

Chez les jeunes couples, des périodes de transition comme par exemple, la grossesse, la naissance d'un enfant, la perte d'un emploi, peuvent exacerber les comportements violents. En plus, lorsqu'ils sont parents, leurs jeunes enfants sont exposés à la situation de violence qui s'exerce entre eux, ce qui n'est pas sans compromettre le développement des enfants.

Si vous pensez qu'un de vos proches (cousin, ami-e, soeur, frère et autres) exerce de la violence dans son couple ou en est victime, vous pouvez l'aider. Les moyens sont simples : l'écouter, l'aider à reconnaître le problème, l'encourager à demander de l'aide, l'orienter vers les ressources appropriées et même l'accompagner dans ses démarches.

Choisir la non-violence, c'est donner la chance à l'amour de grandir dans un couple.

1. Définition du CRI-VIFF (Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes).

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