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Mikaël Grenier a 16 ans, il est en 4e secondaire, il habite à Stoneham dans la région de Québec et il vient tout juste d'obtenir son permis de conduire... mais il est pilote de course automobile de Formule BMW depuis plus d'un an! Nous avons rencontré chez lui ce gars qui n'a pas froid aux yeux et qui reste les deux pieds sur terre, malgré sa vie extraordinaire.
Mikaël, comment as-tu commencé à faire de la course automobile?À l'âge de 5 ans, j'ai commencé à faire du karting juste pour le fun avec mon père, tout près d'où on habitait, à Saint-Nicolas, en banlieue de Québec. Puis à 7 ans, j'ai commencé à faire de la compétition.
Est-ce que ce sont tes parents qui s'intéressaient au karting?Pas tellement! À chaque fois qu'on passait à côté d'une piste de kart, je demandais à mon père d'aller en faire... Il a fini par céder!
C'est à ce moment qu'il s'est rendu compte que tu avais du talent, que tu n'avais pas peur?Plus que j'aimais ça... À 5 ans, je n'étais pas super bon encore, mais à force de rouler, je suis devenu meilleur. Comme je n'ai jamais arrêté d'aimer ça, on a donc continué à en faire! On y allait presque à tous les soirs quand mon père rentrait du travail. Tous les jours, je l'appelais à 15 h au bureau pour lui demander si on pouvait aller à la piste de kart le soir!
Comment as-tu été repéré par l'écurie BMW?Grâce à mes bons résultats en karting, j'ai eu la chance de rencontrer BMW au Grand Prix de Montréal en 2007. Ils m'ont invité à faire des essais en Espagne, puis ils m'ont rappelé pour que j'y retourne en octobre. Ensuite, ils m'ont offert une bourse de 80 000 $ pour la saison.
Ils recrutent souvent d'aussi jeunes pilotes que toi?Ils préparent la relève. Cette année, je crois qu'on est 9 ou 10 jeunes pilotes, mais je suis le plus jeune. C'est certain que tous ces pilotes ne se rendront pas nécessairement en Formule 1, mais les 3 derniers pilotes à être entrés en F1 sont passés par la série BMW.
Qu'est-ce que tu aimes le plus dans la course automobile?J'ai toujours aimé la vitesse et les voitures et j'aime aussi beaucoup voyager.
De tous les pays où tu es allé courir, lequel as-tu préféré?Je suis allé à Dubaï, c'est un endroit bizarre. J'aime beaucoup les pays d'Europe : l'Allemagne et l'Espagne particulièrement.
Est-ce que tu serais prêt à déménager là-bas s'il le fallait pour ta carrière?C'est possible que l'an prochain je déménage avec mon équipe en Angleterre ou en France pour faire les séries européennes.
Est-ce que tu as une idole?Michael Schumacher a toujours été mon idole. Il a beaucoup aidé Ferrari à se développer.
Selon toi, qu'est-ce que ça prend pour être un bon pilote?C'est sûr que pour être un bon pilote, ça prend du talent. Ça prend aussi une bonne voiture. Certains coureurs comme Michael Schumacher sont capables de partir avec une moins bonne voiture et de la développer avec leur équipe de techniciens. Ça prend cette qualité pour être un bon pilote. L'attitude est également très importante. Il faut être souple, ne pas avoir un caractère difficile.
Il faut aussi être vraiment en forme. Ça a l'air de rien, mais c'est super difficile pour le cou, c'est un peu comme être pilote de jet. Les bons pilotes peuvent courir deux ou trois heures de suite. Si tu n'es pas en forme, tu perds ta concentration super vite. C'est vraiment un sport difficile physiquement. Ça ne paraît pas, beaucoup de gens pensent que c'est comme conduire une voiture.
À quelle vitesse conduis-tu pendant une course?225-230 km/heure.
Comment ça fonctionne avec ton équipe de techniciens aux arrêts?Ils se basent sur mon feeling. Je leur dis ce que je sens et l'équipe de techniciens fait les ajustements sur la voiture en conséquence.
Est-ce que ça arrive que tu n'aies pas confiance en ton auto?Des fois. Dans ces moments, je rentre moins vite dans les virages difficiles. Ça dépend des ajustements sur la voiture. La température aussi fait une différence.
Qu'est-ce qui fait ta force?J'ai toujours été persévérant. Je crois que j'ai gagné le championnat canadien un peu à cause de ça. Beaucoup de pilotes se découragent vite. Je crois aussi que j'ai un bon contact avec mes équipes. Je deviens toujours ami avec mes mécaniciens. La communication en course automobile, c'est super important. On a l'impression que c'est un sport individuel, mais c'est un sport d'équipe.
Ta faiblesse?Physiquement cette année, j'ai eu beaucoup de difficulté. Je dois m'entraîner encore plus.
Comment arrives-tu à concilier les études avec la course automobile?C'est certain qu'il faut que je travaille plus fort. Par exemple, l'été dernier, j'ai rattrapé mon retard et terminé mon année scolaire plus tard que mes amis. Je suis en secondaire 4.
Qu'est-ce que tu voudrais faire si tu ne deviens pas pilote?Je voudrais continuer à évoluer en course automobile... Ingénieur, peut-être. Même si je n'arrive pas à faire la F1, je peux faire beaucoup d'autres séries.
Quelle est la prochaine étape de ta carrière?Faire la Formule 3 ou refaire le circuit BMW pour une 2e année.
J'ai toujours fait du ski, beaucoup de vélo aussi et de la course à pied.
À quoi tu penses quand tu es dans ton auto, juste avant la course?Je pense aux erreurs que j'ai faites avant et que je ne dois pas répéter.
Comment te prépares-tu la veille d'une course?Je me couche vers 9 ou 10 heures, je ne suis pas trop nerveux, j'arrive à dormir.
As-tu peur des fois?J'essaie de ne pas y penser. On n'en parle pas non plus.
As-tu eu des accidents?Il n'y a aucun pilote qui n'en a jamais eu. J'ai déjà fait des tonneaux.
Est-ce que tes parents ont peur?Mon père n'a pas trop de problème, c'est plus difficile pour ma mère.
Pour plus d'information sur Mikaël, visite son site Web.
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