Droguée de sport
Par Anna Gagné
Je dois l'avouer, je prends de la drogue. Depuis quelques années maintenant. Mais moi, ma drogue ne se fume pas, elle ne se « sniff' » pas, elle ne s'avale pas, elle se joue. Ma drogue me fait suer, me faire parcourir
toutes mes limites. Ma drogue c'est le basket-ball. Elle est encore plus forte que n'importe autre drogue. Ce n'est pas seulement un jeu, c'est un mode de vie. J'ai quitté mes amis et ma famille pour aller dans une école de basket.
Quand on entre dans une nouvelle partie, c'est comme une nouvelle vie. Tout va si vite, qu'on ne voit pas le temps passer. Chaque panier est un nouvel espoir de réussir. Quand je joue, je n'ai besoin de rien d'autre. Je suis dans ma bulle. On
pourrait venir me frapper et je ne sentirais rien… Je suis trop concentrée sur le ballon orange. Le plus pénible, c'est quand je pars de l'école le soir. J'ai une heure d'autobus à faire et je sais que je ne rejouerai pas
avant 18 h. Je me drogue dur à la férocité du basket-ball!