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Allocution de M. Louis L. Roquet, président et chef de l'exploitation de Desjardins Capital de risque, à l'occasion des Assemblées générales annuelles 2008 du Mouvement Desjardins

Centre des congrès de Québec, le 29 mars 2008
(La prestation peut différer du texte ci-dessous)

Membres du conseil d'administration,
Délégués des caisses,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

Quelle belle histoire !

Et ce n'est qu'un début parce que la semaine dernière, nous avons clôturé un autre investissement majeur de 3,8 M$ dans CIF Métal, une fonderie d'aluminium de la région de Thetford Mines. Tout comme dans le cas de Fempro, cette transaction a entraîné des retombées importantes pour Desjardins qui se chiffrent à plus de 11 M$ dont 6,5 M$ en nouvelles affaires.

En 2005, avec le Centre financier aux entreprises Caisses de L'Amiante, nous avions appuyé trois employés et le directeur général afin qu'ils se portent acquéreurs de l'entreprise et en assurent ainsi la continuité. Moins de trois ans plus tard, la direction a souhaité sécuriser une partie de son capital et s'associer plus intimement à un partenaire ayant une grande capacité financière. En fait, ces entrepreneurs se retrouvaient devant un choix difficile. Celui de demeurer actionnaires majoritaires et de poursuivre les activités tel quel ou se joindre à un investisseur qui, pour quelques années, s'associe à l'équipe de direction de l'entreprise afin de leur permettre d'assurer une croissance. Ces gestionnaires ont préféré la croissance !

Ces deux exemples m'amènent à vous parler d'abord des quatre lignes d'affaires que nous avons mises en place l'an dernier pour répondre aux besoins de nos neuf fonds sous gestion mais aussi, et surtout, pour faire face aux nombreux défis que rencontreront nos entreprises québécoises.

Lignes d'affaires :

  • investissements majeurs et rachats d'entreprises
  • coopératives et régions ressources
  • capital de développement
  • capital de risque

La mise sur pied d'une telle structure opérationnelle démontre notre capacité à nous adapter rapidement afin de développer des solutions financières qui répondent à un environnement économique changeant.

Investissements majeurs et rachats d'entreprises

La première ligne d'affaires est composée des investissements majeurs de 5 M$ et plus qui nous permettent de participer à la croissance soutenue d'entreprises rentables des secteurs traditionnels.

Elle a également pour objectif d'acquérir des entreprises pour en assurer la continuité ou pour consolider des secteurs prometteurs. En devenant propriétaire d'une entreprise, nous permettons de faire le pont entre deux générations d'entrepreneurs, soit :

  • celle qui est prête à laisser la place mais qui veut sécuriser son avoir et
  • celle qui n'est pas nécessairement prête sur le plan financier à prendre tout de suite la relève, mais parfaitement apte à opérer l'entreprise.

Il s'agit d'ailleurs d'un métier que nous avions abandonné depuis plusieurs années, mais la situation économique qui prévaut et qui prévaudra au cours des prochaines années nous démontre que Desjardins doit absolument prendre la place qui lui revient pour conserver la propriété de nos entreprises ici au Québec. Ce serait trop bête de laisser aller les choses et de perdre ce qu'on a mis 40 ans à bâtir.

Aujourd'hui, les investissements regroupés sous cette ligne d'affaires représentent 12 % de nos actifs. D'ici les quatre prochaines années, nous comptons doubler ce pourcentage.

Pour l'année 2007, ce portefeuille affiche un rendement de 4,8 %. Compte tenu de la jeunesse de cette ligne d'affaires, il s'agit là d'un excellent rendement.

Coopératives et régions ressources

Les investissements en régions ressources et dans les coopératives se sont poursuivis en cours d'année. La grande majorité de ces transactions ont été réalisées de concert avec un centre financier aux entreprises et, dans certains cas, avec les caisses de la région. Avec pour toile de fond la force de tout un réseau, certaines transactions ont même permis le rapatriement de comptes importants dans Desjardins. CTMA aux Îles-de-la Madeleine est certainement un bel exemple, car ce plus important employeur des Îles s'est vu proposer une offre en tous points conformes à ses attentes.

Le centre financier, les caisses de la région et nos professionnels de l'investissement se sont littéralement mobilisés pour mener à bien cette transaction et, croyez-moi, tous les scénarios ont été analysés afin de conclure ce partenariat.

Cette ligne d'affaires a un mandat bien particulier. Elle se doit de répondre aux exigences législatives de notre principal fonds sous gestion, Capital régional et coopératif Desjardins. Compte tenu des problématiques que nous connaissons dans nos différentes régions du Québec, nous nous devons d'être extrêmement innovateurs et flexibles.

Bien que nous dépassions la norme du 21 % de l'actif net moyen de Capital régional, cette activité compte pour 10,4 % des actifs totaux du gestionnaire. D'ici les 4 prochaines années, ce pourcentage devrait passer aux alentours de 13 %.

Compte tenu de la nature même du portefeuille, on y retrouve plusieurs entreprises en démarrage. Naturellement, ce genre d'investissements entraîne un rendement beaucoup plus volatile. En 2007, ce portefeuille affiche un rendement négatif de 7,0 %.

Capital de développement

Le capital de développement est un métier bien connu. Nos investissements nous permettent de prendre une part active à l'expansion des PME des secteurs plus traditionnels. En cours d'année, nous avons ajouté les secteurs des services de santé ainsi que ceux reliés aux équipements médicaux puisque, bien que ces entreprises œuvrent dans le secteur de la santé, elles ont beaucoup plus en commun avec des entreprises manufacturières ou de services traditionnelles.

Notons que les investissements de cette ligne d'affaires sont très complémentaires aux centres financiers aux entreprises. D'ailleurs, la majorité de nos professionnels sont localisés dans un CFE ou même dans le Centre d'affaires moyennes entreprises du Grand Montréal.

En cours d'année nous avons établi avec chacun des CFE un plan conjoint de développement des affaires afin de maximiser l'avantage concurrentiel de Desjardins.

Parmi les réalisations concrètes de cette ligne d'affaires, notons l'investissement de 1,5 M$ dans Marquis Imprimeur qui représente un très bel exemple de complémentarité Desjardins. Cette injection de capital a permis des retombées positives à l'égard d'autres entités Desjardins tel le Centre financier aux entreprises Côte-du-Sud qui a consenti à l'entreprise une marge de crédit de 2,5 M$ et un prêt à terme de 3,6 M$.

Comptant pour 6,7 % des actifs totaux à la fin de 2007, cette ligne d'affaires a généré un rendement de 10,3 %. Nous souhaitons, évidemment, maintenir notre position dans cette ligne.

Capital de risque

Le capital de risque pour sa part, a surtout mis l'accent sur la valorisation d'entreprises. D'ailleurs, à cet égard certaines décisions stratégiques ont permis de recentrer le portefeuille de cette ligne d'affaires. D'une part, nos équipes ont mis l'emphase sur la valorisation des investissements dans le secteur des technologies de l'information et des télécommunications. Le cas de Câble Axion Digitel de Magog est certes un bel exemple.

En moins de deux ans, notre investissement a permis à cette entreprise de câblo-distribution d'atteindre une croissance telle qu'elle est devenue une cible d'acquisition fort intéressante dans un contexte de consolidation provinciale. En plus de cette contribution, nous avons agi comme banquier d'affaires des acheteurs et favorisé la mise en commun de l'expertise de toute la famille Desjardins.

Les nouveaux acquéreurs, Déry Télécom du Saguenay et Cooptel de Valcourt, ont continué de faire affaire avec les CFE de l'Estrie et du Saguenay et Desjardins Capital de risque a autorisé un financement de 5 M$. Cette transaction a généré des retombées totales de plus de 40 M$ pour Desjardins.

D'autre part, la stratégie à l'égard du secteur des biotechnologies a été revue. Compte tenu de l'importance des capitaux nécessaires pour suivre l'évolution de ces entreprises, et afin d'être en mesure d'appuyer différemment cette industrie, nous avons décidé de confier à BioScience Managers Limited le suivi et la valorisation de 8 entreprises en portefeuille. Ce partenariat permettra à nos entreprises partenaires d'avoir accès à un vaste réseau d'affaires ainsi qu'à des investisseurs stratégiques, partout à travers le monde. Cette décision a d'ailleurs été accueillie favorablement par les entrepreneurs qui y voient une capacité de développement inouïe.

Au terme de l'exercice 2007, le capital de risque comptait pour 18,4 % de nos actifs sous gestion. D'ici les quatre prochaines années et compte tenu du mandat de matérialisation de la société en commandite Desjardins, ce pourcentage sera réduit aux alentours de 12 %. Au 31 décembre, ce portefeuille affiche un rendement négatif de 14,3 %.

Outre la répartition de nos actifs d'investissement par ligne d'affaires, la gestion de la majorité de nos actifs en placement a été transférée en cours d'année chez Desjardins Gestion International d'actifs. En plus de favoriser la synergie Desjardins, cette stratégie nous permet d'avoir accès à une équipe de professionnels qui ont fait leurs preuves dans ce domaine. Rappelons qu'au 31 décembre 2007, 50 % de nos actifs totaux sous gestion se retrouvaient sous forme de placements.

Ces placements nous permettent d'une part d'équilibrer le risque des portefeuilles et, d'autre part, d'assurer les liquidités pour répondre aux demandes de rachats des actionnaires de Capital régional et coopératif Desjardins.

Nos réalisations

Passons maintenant en revue nos réalisations.

À l'aube de notre 34e année d'activités dans le capital de risque, Desjardins peut être fière de l'action menée à ce jour et de ses réalisations au cours de la dernière année.

Gestionnaire de neuf fonds voués au développement économique, Desjardins Capital de risque participe activement, à la croissance de 296 entreprises et fonds pour des engagements de plus de 557 M$.

Au 31 décembre 2007, l'actif des fonds sous gestion a connu une croissance de 9,3 % par rapport à 2006 passant de 776 M$ à 848 M$. Cette croissance est attribuable à la majoration du crédit d'impôt provincial à 50 % pour l'acquisition de titres de Capital régional.

Cette nouvelle disposition a favorisé la levée de capital annuelle qui a atteint 102 M$ en 2007 comparativement à 79 M$ en 2006. Les fonds de cette société publique représentent maintenant 86,5 % des actifs sous gestion.

Qualifié de partenaire stratégique du développement économique par le gouvernement du Québec, Capital régional a obtenu des modifications importantes lui permettant de poursuivre sa mission bien au-delà de 2011. En effet, n'eut été de cette mesure, nous aurions débuté cette année le désinvestissement du portefeuille et ne pourrions poursuivre notre appui aux entreprises et coopératives. Je souhaite donc remercier le ministère des Finances du Québec ainsi que la ministre, car ces dispositions nous ouvrent la voie vers l'avenir.

Au chapitre des investissements, 120 M$ ont été engagés en 2007 dans 115 entreprises et coopératives québécoises. Les engagements relatifs à Capital régional et à Desjardins – Innovatech ont représenté 94 % de l'activité d'investissement.

Le rapprochement avec les centres financiers aux entreprises et la synergie avec les autres entités de Desjardins ont certainement été décisifs dans la majeure partie de ces transactions, ce dont nous sommes très fiers. Nous avons d'ailleurs continué d'être actifs dans le développement de nouveaux produits afin de mieux répondre à leurs besoins. Ainsi, nous avons modifié la cote de risque minimale pour le produit Prêt privilège et développé le produit Financement Privilège Continuum permettant de profiter du processus d'autorisation rapide lors du financement d'un transfert d'entreprise.

Par ailleurs, dans un contexte de réduction des revenus pour le gestionnaire l'année 2008 sera marquée par des défis de taille :

  • assurer la croissance,
  • valoriser le portefeuille...
  • et réaliser la mission de développement économique de Capital régional et coopératif Desjardins dans un contexte de réduction des revenus.

En effet, le taux de facturation des revenus d'honoraires de gestion de Capital régional passera de 3,0 % à 2,5 % à compter de 2009. Ceci représente près de 4 M$ de moins de revenus sur des dépenses totales de 22 M$.

Avec une équipe de 113 personnes dans 24 bureaux d'affaires localisés dans différentes régions du Québec et une profonde complémentarité avec les Centres financiers aux entreprises, Desjardins Capital de risque propose aux entrepreneurs un accompagnement et des montages financiers répondant parfaitement à leurs besoins.

Conclusion

Je conclus donc en remerciant le conseil d'administration ainsi que les membres de tous les comités qui contribuent à la croissance de Desjardins Capital de risque.

Je souhaite remercier M. Alban D'Amours dont la confiance et l'appui ont été des plus appréciés.

Je souhaite également féliciter Mme Monique Leroux, qui à compter d'aujourd'hui, dirige la plus grande institution financière de nature coopérative au Canada.

Vos défis seront nombreux Madame Leroux, mais ils seront également passionnants et hautement stratégiques. Dans un tel contexte je vous assure de l'entière collaboration de Desjardins Capital de risque.

Et finalement, je souhaite remercier mon équipe. Ce sont tous des professionnels qui, comme moi, ont à cœur le développement économique. Nous nous comptons privilégiés car nous accompagnons dans leur développement les entreprises qui créent la prospérité du Québec et nous en sommes très fiers.

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