Montréal, le 30 mars 2007
Chers actionnaires,
Membres du conseil d'administration,
Collègues de Desjardins,
Capital régional et coopératif Desjardins a connu une année 2006 marquée par la croissance de ses investissements certes mais également par une baisse de la valeur de l'action. Notre rencontre d'aujourd'hui me permet de vous faire part des résultats de cet exercice et de ses faits saillants.
Je commencerai donc en vous parlant de nos investissements dans des entreprises et coopératives québécoises qui sont, il faut le rappeler, comptabilisés à la juste valeur.
Au cours de l'exercice 2006, les nouveaux engagements ont totalisés 126,6 M$ dont 86,0 M$ ont été déboursés. De ce montant, 26 M$ ont appuyé les projets issus des régions ressources ou des coopératives.
Ainsi, le coût des engagements totaux au 31 décembre 2006 s'élevait à 417,5 M$ dans 209 entreprises et coopératives. Parmi celles-ci :
Dans ce contexte, ces engagements nous permettent d'affirmer que nous avons respecté, voire même dépassé, les exigences dictées par notre loi constitutive et ce, avant la date prescrite du 31 décembre 2006.
Il est important de préciser que, conformément à sa mission, Capital régional doit respecter deux règles. La première nous oblige à investir dans des PME alors que la seconde nous dicte une cible minimale en termes d'investissements dans des coopératives et dans des entreprises situées dans les régions ressources.
Du côté des résultats, Capital régional a clôturé son exercice 2006 avec une perte nette de 10,2 M$ comparativement au bénéfice net qui se chiffrait à 6,8 M$ au terme de l'année 2005.
Cette perte a eu pour effet de réduire l'actif net par action ordinaire de 10,37 $ à 10,21$.
Il faut préciser que Capital régional a souffert en 2006 tant de la jeunesse de son portefeuille d'investissements que du ralentissement économique qui a notamment frappé les secteurs manufacturier, forestier et agroalimentaire.
Déjà, à la fin du premier semestre de 2006, Capital régional avait annoncé une baisse de la valeur de l'action de 0,16 $. Cette baisse était essentiellement due à la hausse des taux d'intérêt qui avait eu pour effet d'influencer négativement le portefeuille de placements.
Cette situation s'est renversée au cours du deuxième semestre puisque le portefeuille de placements s'est redressé de façon importante. Toutefois, cette situation n'a pu compenser pour les pertes encourues dans le portefeuille d'investissements. D'ailleurs, l'âge moyen de ce portefeuille ne dépassant pas les trois ans, il lui était impossible de démontrer son plein potentiel de rendement.
Pour l'ensemble des activités, notre Société a clôturé son exercice 2006 avec un rendement négatif de 1,6 % comparativement à un rendement positif de 1,2 % en 2005. Tout comme l'an dernier, je me permets de vous préciser que cette information doit être analysée dans le contexte de l'industrie du capital de risque.
Conformément à sa mission, Capital régional investit dans de petites et moyennes entreprises, pour qui les difficultés sont davantage susceptibles de survenir durant les premières années de constitution du portefeuille d'investissements.
Les succès, pour leur part, se réaliseront plus probablement dans la phase de matérialisation, soit vers le dernier tiers du cycle de vie du fonds, estimé d'une durée normale de dix à quinze ans.
Dans un tel contexte, il appert que la perspective de rendement positif du portefeuille doit être envisagée quand l'âge moyen des investissements atteindra cinq à huit ans. C'est une des raisons pour laquelle il pourrait être avantageux pour un actionnaire de conserver ses actions plus longtemps que la période minimale de détention.
On se rappellera qu'en 2005, Technologies Miranda avait réalisé avec beaucoup de succès son premier appel public à l'épargne. Un tel succès, que l'on peut qualifier d'inhabituel pour un portefeuille aussi jeune, avait permis de générer, sur le portefeuille d'investissement un rendement de 8 % pour l'année 2005.
En 2006, ce même portefeuille a généré un rendement négatif de 1,3 % essentiellement dû aux pertes réalisées sur les investissements.
En ce qui a trait aux placements, le portefeuille de Capital régional, incluant la trésorerie et les équivalents, totalise 373,9 M$ au 31 décembre 2006, comparativement à 362,9 M$ en 2005.
Rappelons que la portion de l'actif net qui n'est pas investie dans des entreprises et des coopératives québécoises compose ce portefeuille de placements.
Bien que ces titres soient très sécuritaires et nous permettent de respecter nos engagements, il faut noter que les taux d'intérêt sont actuellement à leur plus bas niveau. Donc, le rendement de 4,4 % relatif au portefeuille de placements n'a pu compenser pour les pertes encourues dans le portefeuille d'investissements.
La levée de capital se poursuit actuellement à travers le réseau des caisses. En mars 2006, l'annonce d'un moratoire et une baisse du crédit d'impôt ont eu pour effet de diminuer la popularité du titre.
La Société faisait face à un grand défi.
En effet, l'émission 2006 :
Ainsi, au 31 décembre 2006, la campagne de souscription d'actions lancée en mai dernier a permis de lever 79,5 M$ sur les 150 M$ autorisés.
Le solde s'ajoute à l'émission 2007, portant à 220 M$ le capital disponible cette année.
Nous continuons de compter sur le solide appui du réseau des caisses pour poursuivre la vente de titres et les remercions.
Il faut rappeler que les actions de Capital régional représente un bel outil de planification fiscale qui s'intègre parfaitement bien dans la gestion d'un portefeuille équilibré.
En effet, pour un investisseur, le crédit d'impôt de 35 % permet d'obtenir un rendement annuel composé net d'impôt de près de 6 %. Ce calcul est établi sur une période de détention obligatoire de 7 ans, si l'action est rachetée au prix d'acquisition.
Il m'importe de souligner que l'accroissement de notre capital-actions est essentiel pour nous permettre de poursuivre notre mission de contribution au développement économique du Québec.
Au 31 décembre 2006, ce sont 118 250 actionnaires qui nous appuient à cette fin et qui ont contribué à un capital-actions qui s'élève à 650,2 M$.
Toutefois, comme le prévoit la Loi, le respect de conditions précises permet le rachat de titres. Pour l'année 2006, les rachats d'actions justifiés se sont élevés à un peu plus de 1,4 M$ pour l'exercice.
D'ailleurs à ce chapitre, novembre 2008 marque le début de l'échéance de la période minimale de détention de 7 ans, pour l'émission 2001 et de ce fait, certains actionnaires pourraient souhaiter racheter leurs titres.
Ainsi, à titre d'exemple, un actionnaire qui souhaiterait racheter aujourd'hui les actions acquises à l'origine en 2001 à une valeur de 10 $, pourrait le faire avec un bénéfice de 0,21$ par action. Si on prend en compte le crédit d'impôt dont il a bénéficié lors de son investissement, une telle transaction lui offrirait un rendement de l'ordre de 10 % après impôts.
Par contre, il est plausible que les actions ne soient pas toutes rachetées car un tel geste comporte des conséquences, notamment celle de ne plus pouvoir se prévaloir du crédit d'impôt lors d'achats subséquents.
C'est pourquoi dans la très grande majorité des cas, il pourrait être préférable pour un actionnaire de conserver ses actions pour une plus longue période compte tenu du potentiel de valorisation du portefeuille.
Nous avons néanmoins pris les dispositions afin de nous assurer d'avoir les liquidités nécessaires advenant les rachats.
En conclusion, nous sommes optimistes quant à l'avenir mais conscients que nous évoluons dans l'industrie du capital de risque.
Il est donc important d'agir avec le plus grand soin, comme le fait notre gestionnaire que je remercie.
Je remercie également toutes les entités Desjardins qui participent activement à bâtir notre Société depuis ses tous débuts en 2001.
Je cède maintenant la parole à M. Louis Roquet, président et chef de l'exploitation de Desjardins Capital de risque, qui vous dressera un compte rendu des principaux investissements réalisés au cours de l'année 2006.
Conjuguer avoirs et êtres
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