Ottawa, le 30 octobre 2007
Mesdames,
Messieurs,
Je suis très heureux d'être des vôtres aujourd'hui et j'aimerais vous remercier de votre accueil.
Je salue particulièrement les représentants du milieu coopératif canadien qui sont avec nous ce midi.
Je suis aujourd'hui à Ottawa dans le cadre d'une tournée régionale au cours de laquelle je rends visite à chaque année aux représentants des caisses Desjardins de chaque grande région du Québec ainsi qu'à ceux de l'Ontario. J'aurai ainsi l'occasion cet après-midi de rencontrer les membres du conseil des représentants des caisses populaires de l'Ontario pour m'entretenir avec eux de leurs préoccupations et de leur vision à l'égard du développement de leurs collectivités et de celui du Mouvement Desjardins.
Mais avant cela, j'entends saisir l'occasion qui m'est offerte ce midi pour aborder avec vous quelques-uns des grands défis auxquels nous faisons face en tant qu'acteurs engagés dans le développement économique de nos milieux. Je veux en même temps vous rappeler que Desjardins, en tant que partenaire du développement durable des collectivités, est en mesure de vous aider, comme entrepreneurs, à atteindre vos objectifs d'affaires et à relever les défis de l'avenir.
Pour un grand nombre d'entreprises canadiennes, particulièrement dans le secteur manufacturier concentré en Ontario et au Québec, les dernières années n'ont pas été faciles.
Les hausses des prix du pétrole et des matières premières, la montée en force pour le moins impressionnante du dollar canadien, la hausse des taux d'intérêts directeurs, les manifestations renouvelées de protectionnisme américain - après le bois d'œuvre, pensons ici aux nouvelles exigences en matière de sécurité aux frontières - ainsi que la montée fulgurante de la concurrence issue des pays émergents en ont entraîné plusieurs dans une véritable traversée du désert.
Cette combinaison de facteurs a fait en sorte que depuis 2002, quelque 295 000 emplois ont été perdus dans le secteur manufacturier au pays. La correction immobilière en cours chez nos voisins du Sud ne va certainement pas bonifier la situation au cours des prochains mois.
Dans ce contexte, nous devons aujourd'hui nous concentrer sur ce qui va permettre de renforcer notre capacité collective à faire progresser nos entreprises.
Whether we focus on companies themselves or on the economies of Québec, Ontario or Canada, one of the key determinants of long-term growth that we must address is clearly the sustained improvement of our productivity.
We can hardly expect to remain competitive or achieve sustainable success if we fail to maintain a level of efficiency on par with the competition in terms of the various factors leading up to the delivery of our products and services. This criteria for success is even more critical given exchange rates that create an uneven playing field for exporters and increasing competition from emerging economies.
The concept of productivity, as you know, is a measure of the efficiency with which labour, capital, resources and ideas are combined for production purposes. In this area, our standing relative to our competitors is critical.
According to data published in the International Productivity Monitor, an Industry Canada journal, the productivity gap between Canadian and U.S. companies widened from 17 percentage points in 2000 to 22 points in 2006.
In this instance, labour productivity was calculated based on the ratio of GNP to hours worked. Whereas labour productivity increased at an annual rate of 2.3% in the U.S. from 2000 to 2006, it increased by only 1.3% annually in Canada during the same period.
We cannot sit back without compromising the development of many companies and the potential for future economic growth.
L'un des principaux leviers dont nous disposons pour améliorer la productivité du travail est l'investissement en machinerie, en matériel, ainsi que dans les technologies de l'information et des communications. C'est notre retard à ce chapitre qui explique la plus grande partie de l'écart de productivité qui nous sépare de nos principaux partenaires commerciaux.
Je veux donc à cet égard vous assurer de la ferme intention de Desjardins de faire sa part pour aider les entrepreneurs de partout, au Québec et là où il est présent en Ontario, à réaliser les investissements qui contribueront à l'accroissement de la productivité. Il faut actuellement saisir l'occasion qui nous est offerte par le grand pouvoir d'achat du dollar canadien pour accélérer la cadence de nos investissements en machinerie et en technologie, qui sont en grande partie importées des États-Unis, et appuyer ainsi nos efforts d'innovation.
Un autre levier sur lequel nous devons travailler est celui de l'optimisation des compétences, des habiletés et de la créativité de notre main-d'oeuvre.
Dans un contexte où les procédés de fabrication se complexifient et où la présence d'une main-d'œuvre spécialisée constitue un enjeu de plus en plus important, on n'insistera jamais assez sur l'importance de notre système d'éducation, sur celle des activités de recherche et de développement qui sont au cœur de nos stratégies d'innovation et à l'origine des entreprises qui créeront demain la richesse collective.
Nous avons besoin d'un nombre suffisant de diplômés du Collège et de l'Université qui, après avoir été en contact régulier avec de nouveaux concepts, de nouvelles façons de faire et avec les plus récentes technologies, seront en mesure d'effectuer le transfert des connaissances vers les entreprises dont ils rejoindront les rangs sur le marché du travail.
Parce que les générations à venir devront être particulièrement productives et innovatrices, nous ne pourrons tolérer que l'analphabétisme et le décrochage scolaire demeurent aussi importants qu'ils le sont encore aujourd'hui. Nous devons, chacun dans nos milieux, encourager les jeunes à compléter leurs études, encourager les décrocheurs à raccrocher, insister encore et encore sur l'importance de se présenter sur le marché du travail avec des qualifications attestées par un diplôme.
La formation en entreprise s'avère elle aussi tout à fait cruciale. Car pour produire des biens à plus grande valeur ajoutée à l'aide des technologies les plus récentes, les travailleurs doivent recevoir, régulièrement, la formation et l'entraînement requis.
Cela s'avère d'autant plus important pour chaque entreprise dans le contexte de bas taux de chômage relatif que nous connaissons et alors que le nombre de nouveaux arrivants sur le marché du travail ne parviendra bientôt plus à compenser pour tous ceux qui prendront leur retraite. S'il n'y a pas ou très peu de nouvelle main-d'oeuvre disponible, les employeurs ont de moins en moins le choix de former en continu les employés déjà à leur emploi. C'est la capacité à faire croître leur entreprise qui en dépend.
Le même phénomène de vieillissement de la population fait aujourd'hui en sorte qu'une très forte proportion des propriétaires de PME approchent de la retraite ou sont déjà arrivés à cette étape déterminante pour la survie de leur entreprise. La question du transfert d'entreprise constitue dans ce contexte un enjeu très important. Car si on insiste avec raison sur l'importance de l'innovation et de la création d'entreprise pour la vitalité économique de nos milieux, cette dernière repose aussi, ne l'oublions pas, sur la capacité des entreprises existantes à se renouveler et à assurer les conditions de leur pérennité.
Pour accompagner les chefs d'entreprise dans leur démarche de transfert, Desjardins a mis au point un programme intégré, appelé Continuum. Pour la mise en œuvre de ce programme, le directeur de comptes de votre centre financier aux entreprises Desjardins est appuyé par une équipe multidisciplinaire qui peut vous accompagner à toutes les étapes de la planification et de la réalisation du processus de transfert.
Pendant que, au terme du processus, une nouvelle équipe prend la relève de l'entreprise, l'ancien propriétaire peut pour sa part accéder à la retraite à des conditions pleinement satisfaisantes, grâce notamment à un accompagnement efficace dans la gestion de ses avoirs financiers.
Desjardins, qui est déjà un joueur de premier plan dans le marché du crédit commercial, industriel et agricole - avec des encours de près de 20 milliards de dollars - entend bien augmenter encore sa contribution au développement économique par un accompagnement toujours plus dynamique, professionnel et compétent des entrepreneurs.
Notre objectif est clair à ce sujet : nous voulons devenir l'institution financière privilégiée des PME et contribuer encore plus activement à leur développement et leur rayonnement.
L'offre de service de Desjardins aux entreprises est aujourd'hui incarnée par les directeurs de comptes en poste dans nos 53 centres financiers aux entreprises ainsi que dans plusieurs de nos caisses. Ces derniers sont appuyés par tous les spécialistes que l'on retrouve au sein du Mouvement Desjardins et ils constituent ensemble une force d'affaires incomparable.
Comme l'environnement économique mondialisé qui est aujourd'hui le nôtre commande également une recherche calculée de diversification géographique, nous entendons chez Desjardins appuyer efficacement les entrepreneurs dans leurs efforts de commercialisation, ici et ailleurs.
Avec son Centre de services internationaux et la présence d'une succursale aux États-Unis, la Caisse centrale Desjardins est en mesure d'appuyer efficacement la réalisation de projets à l'étranger.
Au cours des dernières années, le Mouvement Desjardins a lui-même accéléré son développement à l'échelle de l'ensemble du Canada. Valeurs mobilières Desjardins a par exemple accentué sa présence à Toronto. Nos sociétés d'assurance, Desjardins Sécurité financière et Desjardins Groupe d'assurances générales réalisent chacune une part importante de leurs affaires dans les provinces autres que le Québec, les pourcentages avoisinant les 30 %.
Dans cet accroissement de la présence de Desjardins au Canada, nous mettons aujourd'hui l'accent sur le renforcement du mouvement coopératif financier dans l'ensemble du pays.
L'une des premières grandes étapes franchies à ce chapitre a été le renouvellement du partenariat entre les caisses populaires de l'Ontario et celles du Québec. Depuis janvier 2004, les caisses de l'Ontario et leurs représentants détiennent les mêmes droits démocratiques et les mêmes obligations dans la Fédération des caisses Desjardins que ceux des représentants des caisses du Québec.
Nous avons déjà tous pu mesurer les avantages réciproques qu'il y a à pouvoir ainsi compter les uns sur les autres en termes de coordination des efforts, de développement d'affaires et de partage d'expertise.
We have also supported the creation of Desjardins Credit Union, which purchased the Province of Ontario Savings Office in 2003. This transaction resulted in the flow of 2.4 billion dollars to the cooperative network rather than to the banks. Desjardins Credit Union, which has 25 branches in Ontario including several in Toronto alone, is steadily broadening the range of services it offers to its members.
An agreement involving the provision of Desjardins technical services was also negotiated with the Alliance des caisses populaires de l'Ontario and its 13 affiliated caisses. Several credit unions in the province have expressed a keen interest in our computer platform as well.
In the face of market globalization challenges, financial services cooperatives such as credit unions and Desjardins caisses are currently opting for cooperation to improve the services they provide to their members and to strengthen the alternative they represent to the traditional banking sector. I am personally quite pleased with this trend since I firmly believe that cooperatives will be called upon to play an increasingly important role in Québec, Ontario and across Canada to ensure that individuals and communities have access to high-quality and diversified financial services to meet a wide range of needs.
In this regard, here is an example from Desjardins Credit Union who, just a few weeks ago, decided to set up a satellite agency in Whitney, a small town located near Algonquin Provincial Park, shortly after the only local bank branch had closed its doors.
That said, the lengthy process through which Desjardins Group grew into a strong, integrated financial cooperative has resulted in the development of unprecedented maturity and strength. Desjardins Group is now in a position to offer a wealth of expertise to financial services cooperatives across Canada.
Many credit unions including the largest ones in terms of membership, business volume and assets under management already take advantage of Desjardins' expertise in raising funds on international capital markets for the benefit of Canadian institutions. Others capitalize on its expertise in specialized financial instruments that are currently indispensable to cash flow management, while others utilize its bilingual computer platform, which can support a wide range of products and services. The future will undoubtedly bring other opportunities for us to join forces.
In this connection, Desjardins and Provincial Credit Union Centrals across Canada have formed a major partnership in the area of investment funds. We have agreed to merge Northwest Mutual Funds, owned by Desjardins, with The Ethical Fund Company, owned by the Provincial Credit Union Centrals. Desjardins Group will own 50% of the new fund company and Provincial Credit Union Centrals will own the other 50%, with $5.5 billion in assets under management.
Operating across the country, the new firm will allow our respective organizations to become the leader in the development of ethical mutual funds.
Over the past few months, in order to better harmonize the development of all financial services cooperatives in Canada while respecting each other's differences and autonomy, we have formed an advisory board, over which I preside. This board includes leaders and influential members of groups of caisses and credit unions from across the country.
There is no doubt that the agreements we have negotiated, as well as the on-going constructive dialogue we maintain, are only a prelude to new strategic partnerships that will allow our stronger and more unified cooperatives to better support Canadian communities in shaping their future.
Comme nos coopératives de services financiers sont étroitement associées au devenir des collectivités qu'elles servent, elles ont aujourd'hui tout à gagner à ce que ces dernières soient engagées dans une dynamique de développement durable.
Chez Desjardins, il y a longtemps que nous cherchons à faire l'équilibre de l'économique et du social, que nous avons le souci de faire progresser le bien-être des individus et la qualité de vie au sein de leurs collectivités en même temps que l'activité économique qui y est réalisée.
Dès lors qu'il est envisagé dans une perspective de long terme, le développement doit concilier ces différentes dimensions. On ne saurait par exemple espérer que le développement économique trouve un terreau fertile dans un milieu où la situation sociale se dégrade et des problèmes importants perdurent.
Cela dit, le développement accéléré de l'activité humaine et son impact sur les écosystèmes nous obligent aujourd'hui à tenir compte de cette autre dimension du développement durable qu'est la protection de l'environnement.
Le Mouvement Desjardins a inclus cette préoccupation à sa planification stratégique et il entend exercer un leadership porteur de changement en cette matière.
Nous avons ainsi lancé en 2005 le défi papier Desjardins, qui mobilise tout notre personnel et avec lequel nous visons, d'ici le printemps 2008, une réduction d'au moins 15 % de notre consommation de papier à imprimante et à photocopieur et un accroissement dans la même proportion de l'usage de papier recyclé. Les efforts réalisés jusqu'à maintenant ont déjà permis d'économiser environ 23 millions de feuilles de papier dans l'ensemble de l'organisation.
Dans le cadre de ce défi, nous invitons également les membres des caisses à remplacer leurs relevés de compte papier par des relevés en ligne. Nous avons pris l'engagement de faire planter un arbre pour chaque membre qui répond positivement à notre invitation. Nous nous étions donné l'objectif de faire planter ainsi 100 000 arbres sur une période de 3 ans.
La réponse enthousiaste de nos membres a permis d'atteindre plus de 92 % de cet objectif la première année seulement. Déjà, nous avons procédé au reboisement de l'équivalent de 110 terrains de football. Les deux prochaines années encore à courir au programme nous permettent de croire que nous ferons planter au total beaucoup plus que les 100 000 arbres prévus au départ.
Nous avons également annoncé il y a deux semaines la participation du Mouvement des caisses Desjardins à la campagne « Changer le monde, un geste à la fois », d'Équiterre, qui propose une série de gestes à poser pour un monde plus écologique et plus équitable.
D'abord à la Fédération des caisses Desjardins du Québec et, par la suite, dans le réseau des caisses ainsi que dans ses autres composantes, Desjardins s'engage à poursuivre le travail déjà commencé ou à mettre en place de nouvelles mesures afin de réduire les déplacements d'affaires et la consommation d'essence; d'encourager l'achat responsable et l'agriculture locale; de favoriser la consommation de café certifié équitable; d'améliorer la performance écologique de ses bâtiments et équipements; de redistribuer les excédents alimentaires de ses grands rassemblements et d'encourager l'engagement social de ses employés.
De plus en plus, Desjardins incitera ses 5,8 de membres, ses 7000 dirigeants élus, ses 40 000 employés et l'ensemble de ses partenaires à s'engager avec lui en matière d'environnement.
Le poids relativement important de Desjardins - rappelons qu'il est en outre propriétaire de 1200 immeubles, qu'il en loue 400 autres et qu'il achète chaque année pour 740 millions de dollars de biens et de services - lui permettra d'être une force significative de changement et de créer un effet d'entraînement.
Nous partageons tous la responsabilité de léguer aux nouvelles générations un environnement qui leur permette à leur tour de s'épanouir et de jouir d'une qualité de vie à l'égal de la nôtre.
En conclusion, je veux vous réitérer notre ferme intention de mettre à contribution toutes les ressources du Mouvement des caisses Desjardins pour aider le Canada de demain à progresser sur la voie de la prospérité en relevant les importants défis associés à une économie ouverte sur le monde, nourrie par le progrès incessant des technologies et respectueuse de l'environnement.
Nos 143 milliards de dollars d'actif, appuyés sur un capital de 9 milliards de dollars, de même que sur le savoir-faire de l'ensemble de nos employés représentent un levier de développement sans pareil, une force inaliénable sur laquelle nous pouvons compter pour les années et les décennies à venir.
En conjuguant nos efforts, je suis convaincu que nous pourrons relever ensemble les plus grands défis.
Money working for people
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